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jeudi 4 mai 2017

Mugcake pour fainéant gourmand

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Dans le numéro 13 de FACES B (édition hiver 2015-2016), Véronique Magniant nous régalait d'une délicieuse recette simplissime et gourmande, pour satisfaire en deux minutes les fanas de chocolat. Une fois testée, on y revient souvent !

Les trois étapes : ♦ Dans un mug (ou un verre à parois épaisses), faire fondre 5 carrés de chocolat noir et 1 cuillère à soupe bombée de beurre de coco (ou beurre) au micro-ondes. ♦ Lorsque le beurre et le chocolat sont bien fondus, ajouter 1 cuillère à café de sirop d’agave, 1 petit œuf, 1 cuillère à soupe bombée de farine. Bien mélanger. ♦ Poursuivre la cuisson au micro-ondes, entre 45 secondes et 1 min selon la puissance de votre four (et selon votre goût pour le chocolat dégoulinant).

www.cuisinemetisse.com

vendredi 13 janvier 2017

Sport et temps, la paire inséparable

Tout sportif, débutant comme aguerri, se doit d’intégrer l’importance d’un bon timing. Conditionnant la progression ou déterminant la performance, le chrono est partout présent. Ami/ennemi, il accompagne toutes les disciplines et marque, tour à tour, la durée et la pérennité. Mais, comment le temps se fait sportif ?

Round 1 : rebondissements & performances

Nombre de sports sont rythmés par une temporalité clairement définie : des mi-temps, des tiers-temps, des reprises viennent ainsi délimiter les matchs, les combats ou les compétitions. Pourtant, aussitôt défini, le temps se fait fuyant et chaque minute écoulée semble nous rapprocher du dénouement final. Au besoin, celui-ci peut être prolongé ou devenir additionnel, en apportant au championnat une certaine dimension dramatique. Tout amateur de sport a ainsi des souvenirs de compétitions, dont l’issue se retrouve chamboulée par le dernier rebondissement. Injustes ou exaltants selon le cas/le camp, ces coups du sort n’en sont que plus tonitruants quand, faute de temps, ils ne peuvent être renversés. Le drame peut se jouer dans la minute, la seconde, voire même la fraction de seconde (précisément 0.4 secondes en NBA, les amateurs apprécieront …). À la fin du match, le temps se fait frontière : de celle qui sépare les gagnants des perdants, qui transforme l’or en argent, l’argent en bronze et le bronze en regrets éternels. Mais les sportifs envisagent aussi la dimension temporelle comme une limite à la performance : leur carrière s’envisage sur la durée et leurs pratiques évoluent selon leurs âges. Voilà que le temps peut ainsi faire la différence entre les « bons sportifs » et les plus grands noms.

Round 2 / sanctions & records

Le sport invite aussi le temps à se faire juge de paix, quand il s’agit de sanctionner une performance ou homologuer un record. Un chrono d’athlétisme peut ainsi rester inaccessible, pendant plusieurs années, pour qu’on en réévalue la portée, qu’on en conserve ou consolide le caractère unique. Le déclic, le dépassement et finalement l’effacement des tables ne diminuent pas la valeur du record initial, il consigne juste un événement exceptionnel. À l’inverse, certaines performances gravées dans le marbre conservent une amertume. Témoins d’une époque où les sports n’avaient pas la même dimension, les chronos portent parfois les marques du dopage, des injustices ou autres traces indélébile (tel le record de Marita Koch en 400m féminin établi en 1985, du temps de la RDA), de celles qui peuvent discréditer une discipline entière.

Jamais neutre, le temps est une donnée fondamentale en sport. Toujours présent, il fait basculer les destins, fait changer de dimension ou précipite dans l’oubli. Alors, chaque sportif garde un œil sur sa montre et lutte à sa manière contre ou avec le temps.

Tic tac, tic tac...

Texte de Mickaël Choisi

vendredi 6 janvier 2017

Prendre le temps d'une danse

Les pieds dansent quand la tête compte

Au commencement, on entend le bâton du maître à danser qui rythme la cadence. Respirez, tournez, 1re position… Et 2e, 3e, 4e … et 14, et 38, et 40 et 3000 ! Nul doute que le temps a sa place dans le carcan du classique. On le dégage, on le lie, on en joue… On glisse sur sa durée, on exploite ses tempos, mixons ses variations : drôle de combinaison, où tout n’est que vitesse, arrêt, lenteur et accélération. À travers cet enchaînement, on découvre que le temps est une des composantes du mouvement. Il s’organise dans l’espace et permet de laisser s’exprimer l’énergie de l’être et le corps dans sa relation aux autres. Avant de confier ses émotions à la pierre, au son, l'homme s’est servi de son propre corps pour organiser l'espace et pour rythmer son temps. La danse, c’est donc à la fois l’espace et le temps. Et ce ne sont pas les chorégraphies de Merce Cunningham qui nous contrediront ! Chez lui, aucun sens caché, le spectateur est appelé à être actif, libre de voir ou d’entendre ce qu’il veut. En dehors du hasard, le mouvement nous offre ici un traitement du temps spécifique. Pour Cunningham, ce n’est plus le temps de la musique que l’on suit, mesure à mesure, mais c’est celui du chronomètre.

« Ce moment qui, par essence, bat sa mesure hors du temps, c’est la danse ! » affirme Caroline Carlson.

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Or, si la leçon classique nous impose des codes et une certaine rigueur, qu’en est-il du temps en danse contemporaine ? Aujourd’hui, chaque chorégraphe associe au temps (ou non) ses préoccupations du moment : à chacun son écriture, son univers, son style, à chacun son temps danse, à chacun ses tendances ! Partons aux Etats-Unis, au Japon… Courrons jusqu’en Allemagne pour rencontrer trois chorégraphes, trois pionniers qui ont fait du temps la matière première de leur création et ainsi marqué le monde de la danse et un peu notre monde. Découvrons le temps chez Trisha, Hideyuki, Pina (& nous / & moi) !

Chez Trisha Brown, le temps bifurque…

Les mouvements dansés s’organisent autour des contraintes de rythme et de durée. Ils se chevauchent ou s’interrompent avant leurs termes, offrant ainsi aux corps une multitude de possibilités. Mais contrairement à Merce Cunningham, Trisha Brown procède à une véritable décentralisation du temps ! Elle abandonne tout développement dramatique pour que son récit chorégraphique ne privilégie aucun moment clé. Chez elle, le temps se voit ! La coexistence du passé, du présent et du futur donne d’ailleurs une vibration supplémentaire à la danse. Pour elle, danser c’est être dans la simultanéité de l’instant, dans la mémoire et dans l’écoute de ce qui peut advenir. Rien n’est figé, tout bouge et la beauté naît des réajustements du mouvement.

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Chez Hideyuki Yano, le temps se décale

Le temps et la destinée humaine restent au cœur de l’œuvre de Yano. Pour lui, le passé, le présent et le futur semblent ne faire plus qu’un : un temps qu’il aime désorganiser et décaler sans compter. Une matière temporelle circulant en tout sens ! Entre lenteur et immobilité, sa danse silencieuse rend visible « le temps à l’état pur ». Elle convie le spectateur, à ressentir son être en pleine conscience ! Pour Hideyuki Yano, le chronomètre n’existe plus et laisse place à « un temps pluriel » où la vie et la mort se superposent, s’inversent ou se soudent. Le passé survient, le futur est là, permettant aux danseurs d’évoluer dans un improbable présent.

Chez Pina, le temps file

Vivre, danser au fil du temps, des choix, des histoires et des créations… voilà comment Pina Baush envisage ses compositions : des morceaux qu’elle assemble, autant de fragments qu’elle associe, qu’elle colle ou qu’elle décolle… Elle explore le temps social en transportant la danse dans des scènes de la vie quotidienne. Du célèbre « Café Muller », à la salle de bal de « Kontakthof » en passant par la plage chauffée des « Laveurs de vitres », le spectateur assiste à des tranches de vie collective où des longs moments d’attentes font, soudain, place à un emballement frénétique. Ainsi, dans l’œuvre de Pina, le temps réel du théâtre cohabite avec le temps continu qui rythme la danse. Par ailleurs, le temps discontinu, propre à ses répétitions de mouvements, est apposé en signature. Ce temps souligne la capacité ou l’incapacité du corps et conduit le danseur à l’épuisement. Perdu entre « le faire » et « le défaire », la danse de Pina Baush impose une fragilité et une fureur qui témoigne de l’errance du présent.

Et si chez nous la danse prenez place ?

Et si nous analysions nos mouvements, nos déplacements ? Si nous prenions le temps de nous poser la question de la mécanique du temps ? Le temps, notre expérience quotidienne, se fait par les mouvements que nous initions. Dans nos vies et pour nos corps qui bougent, le temps apparaît comme un enjeu, un défi, une matière, un outil, une piste, un partenaire, un inconnu… Alors quand on crée, n’est-ce pas finalement du temps, que nous créons ? Quand nous marchons, nous dansons, n’est-ce pas déjà pour faire bouger le monde ? Quand nous vivons, quand nous mettons nos corps en mouvement, ne tentons-nous pas de tenir, voire de maîtriser le temps ? A contrario, quand nous dansons, n’essayons-nous pas de perdre le contrôle ? Mais si la danse est une manière de prendre conscience de la durée, de vivre l’instant ou même de devenir… Si la danse du temps fait souvent valser les êtres que nous sommes…

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Pourquoi ne pas s’octroyer le temps d’une danse ? Pourquoi ne pas se prendre le temps d’aimer la danse ?

Texte de Nicolas Chabrier

vendredi 30 décembre 2016

Cuba libre ?

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Pourquoi Cuba est-elle devenue la destination tendance ? Sans doute parce que grâce à son histoire tumultueuse, l’île a su garder son authenticité. Pas encore de Mac Do, ni de Starbucks café. De vieilles voitures américaines, de la musique partout et tout le temps, une population chaleureuse et métissée. C’est tout un pays qui a échappé à l’uniformisation et garde ainsi une identité originale.

La situation géographique de Cuba dans les grandes Antilles, à la confluence de la mer des Caraïbes, du golfe du Mexique et de l’océan Atlantique, au sud du tropique du Cancer, assure un climat tropical rendu plaisant par les alizés. Ses plages magnifiques (sable fin et eau translucide garantis) et sa végétation extrêmement variée en font une destination touristique idéale. Quand vient la saison des orages, le ciel est impressionant… Aller à Cuba, c’est faire un saut dans le passé, échapper à l’addiction à internet (la connexion n’est possible qu’à proximité des grands hôtels, peuplés la nuit de centaines de jeunes éclairés par le bleu de leurs écrans), redécouvrir la joie des rencontres, de la lenteur et du plaisir de vivre. L’accès aux journaux étrangers est impossible, la poste met plus d’un mois à acheminer les cartes postales, la télévision locale diffuse essentiellement des telenovelas sirupeuses. Vous serez ainsi comme coupés du monde, attentifs de ce fait à l’ici et maintenant.

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Un peu d’histoire

L’histoire de la plus grande île des Caraïbes est si riche et si complexe qu’on se contentera d’en indiquer les grandes lignes. « Découverte » par Christophe Colomb en 1492, et revendiquée dès lors par l’Espagne, l’île est peuplée d’indiens Taïnos et Ciboneys qui seront réduits en esclavage et décimés par les maladies. S’ensuit une « importation » d’esclaves d’origine africaine, principalement du Nigéria, qui durera de 1511 à 1886, et fournira la main d’œuvre nécessaire à d’immenses plantations de café et de cannes à sucre, les réserves d’or de l’île ayant été rapidement épuisées. Une brève occupation anglaise au XVIIIe s’achèvera par l’échange de l’île contre la Floride. Des pirates français venus de Saint-Domingue viennent en 1800 infester ses côtes. Une série de rébellions au XIXe siècle aboutira, après une guerre hispano-américaine, à l’indépendance de Cuba en 1902. La première moitié du XXe siècle est marquée par une dépendance économique très forte vis-à-vis des États-Unis, dont la mafia transforme La Havane en capitale du jeu et de la prostitution dans les années 50. En 1959, le dictateur Batista est renversé par les révolutionnaires de Fidel Castro et du « commandante » Che Guevara (qui prendra la fuite en 1965). Les grandes sociétés sont dissoutes et les grands propriétaires terriens expropriés, provoquant en 1962 l’instauration d’un embargo américain toujours effectif. Les belles demeures de La Havane sont morcelées en appartements. Le soutien de l’URSS engendre différentes crises (Baie des cochons, 1961, Crise des missiles, 1962). L’effondrement du bloc soviétique en 1990 ouvre la « période spéciale » qui voit, par nécessité, renaître l’agriculture vivrière et impose une gestion des ressources naturelles plus éco-responsable. Cuba est à ce jour, et ce depuis 1976, une République Socialiste présidée par Raùl Castro (dont on vient de fêter les 85 ans), qui a succédé à son frère Fidel en 2006. La récente « ouverture » au tourisme international (américain en particulier) relève sans doute plus de la nécessité économique que d’un assouplissement du régime politique.

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Vie quotidienne

Si le billet d’avion est relativement cher, la vie à Cuba est plutôt bon marché pour un visiteur averti. Il faut toutefois s’acquitter d’un visa et d’une assurance pour la durée du séjour. Le mojito est au même prix que la bouteille d’eau, et le rhum est d’excellente qualité. Pour l’hébergement, évitez les hôtels qui ne présentent pas grand intérêt, et préférez les « casa particulares », logements chez l’habitant signalés par un sigle signifiant qu’elles sont officialisées par le gouvernement. Il vous en coûtera 30 euros la nuit, petit-déjeuner délicieux inclus (fruits exotiques, tortilla, thé, café, crêpes, etc.). Cuba possède un système de double monnaie : le « peso convertible » (CUC) qui équivaut à peu près à un euro, et la monnaie nationale (MN), qui vaut 25 fois moins. Il faut garder à l’esprit que le salaire moyen mensuel à Cuba est de 30 euros, ce qui rend le visiteur européen fort riche par rapport à la population. Le touriste paiera au prix fort les spectacles de danse, le cinéma, les concerts et les musées, quand ils ne coûtent que quelques centimes à la population. La carte bancaire n’est d’aucune utilité dans le pays, même s’il existe quelques distributeurs d’argent. Il faut se munir de liquide et de patience car l’attente dans les bureaux de change peut être de plusieurs heures. Attention ! Si l’on vous rendra parfois la monnaie en MN, les Cubains apprécient peu que les visiteurs les paient dans cette monnaie. Réservez plutôt vos MN pour les pourboires… Les magasins, nombreux dans le quartier Habana Viejà autour de la calle Obispo (la rue Sainte Catherine locale), sont pratiquement vides. L’artisanat est de piètre qualité, même si un entrepôt près du port abrite des centaines de stands de peintures. Outre les célèbres cigares et l’incontournable rhum, on pourra ramener des casquettes et des sacs à l’effigie du Che et des instruments de musique traditionnels. A l’attention à la gente masculine : le port de la barbe, vu sa résonance politique, est fortement déconseillé, surtout si vous vous affublez d’une casquette kaki à étoile rouge. Seuls quelques hipsters la portent, avec le look adéquat. L’approvisionnement en nourriture reste complexe, même si les fruits et légumes abondent, les produits sont soumis à des tickets de rationnement. La nourriture est assez simple, à base de riz brun et de haricots noirs, avec de la langouste et des crevettes pour des prix modiques. Les plats sont étonnamment peu épicés pour cette région du monde. De très nombreux « paladres » vous permettront de vous restaurer agréablement pour quelques pesos. L’eau du robinet n’étant pas potable, le budget « eau » est un important poste de dépense. Un cola local permet aussi de se désaltérer, ainsi que des jus de toutes sortes. Le café, que les Cubains boivent très sucré, est délicieux.

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Le charme désuet de La Havane

Fondée au XVIe siècle par les Espagnols, La Havane est une très grande ville (2,4 millions d’habitants pour une superficie de 720 km2) constituée de plusieurs quartiers très divers dont Miramar, le quartier chic des ambassades, Habana Vieja, le centre historique autour du Capitole et Vedado, autour de l’université. Dans les rues défoncées, une circulation dense de vieilles américaines qui servent de taxis collectifs pour 10 pesos de monnaie nationale. Les maisons à colonnes d’origine coloniale sont peintes de couleurs vives et ornées de balcons. La décrépitude donne à l’ensemble un charme très particulier et très photogénique. Se promener dans La Havane est une expérience délicieuse à toute heure, et en toute sécurité, car de nombreux musiciens se produisent aux terrasses des cafés, dans les restaurants et les clubs. Les transports en commun, bus appelés « guaguas », sont peu onéreux mais bondés et les horaires sont pour le moins aléatoires. On peut emprunter des vélo-taxis à la lenteur plaisante. Dans le centre historique, on écoutera des concerts sur la plazza Vieja, entièrement restaurée. Les deux musées des Beaux Arts offrent des collections intéressantes, en particulier des Wifredo Lam, peintre cubain inspiré par le cubisme. Toutefois les photographies sont interdites et les cartes postales inexistantes. Original et mystérieux, le musée de la Santeria présente les différents dieux de cette religion faite d’un mélange syncrétique entre la religion Yoruba et les saints catholiques. L’endroit fait aussi office de lieu de culte mais il est impossible d’assister aux cérémonies. La nuit, « the place to be » s’appelle La Fabrica, un lieu immense où se mêlent les concerts de rock ou de reggaeton, les expositions d’art contemporain, les spectacles de danse, les performances. Cubains et étrangers peuvent boire et discuter librement autour d’un mojito, d’un cuba libre ou d’une piña colada, danser ou rêver. Sur les murs de la ville, des tags géants rappellent l’histoire révolutionnaire de Cuba, avec des slogans à la gloire du peuple, des portraits de Che Guevara. Dans les environs de Cuba, un grand panneau déclare que l’embargo a provoqué le plus grand génocide du XXe siècle. Dans les jardins trône le buste de José Marti (1853-1895), écrivain et patriote, qui a beaucoup fait pour l’indépendance du pays. Nulle allusion à la figure de Fidel Castro, ni à celle de son frère Raul. De politique… on ne parlera pas avec les habitants. Des indics dans chaque quartier renseignent le gouvernement, aussi les Cubains sont-ils extrêmement discrets concernant les difficultés de leur vie quotidienne. Le prix du visa de sortie est pour eux prohibitif et les formalités pour l’obtenir fort complexes. Aussi l’île est-elle la plus belle des prisons à ciel ouvert, et les Cubains très heureux d’avoir par votre intermédiaire des nouvelles du monde extérieur. Toutefois, le système éducatif et le système de santé fonctionnent bien. A l’extérieur de la ville, la maison d’Hemingway (il fait là-bas l’objet d’un véritable culte), transformée en musée, est entourée d’un parc magnifique et le jardin botanique propose des collections de palmiers, cactus, orchidées. Côté drague, si vous cherchez l’âme sœur, ne soyez pas étonnés que les Cubains soient muy caliente ! Faites attention à vous, ils et elles passeront très vite de « Que guapa ! » à «Que linda ! »… et du simple clin d’œil au lit, il n’y aura pas très longtemps. Soyez donc vous aussi francs et directs quant à la nature de vos intentions ! Si vous êtes tentés par les rencontres de hasard, allez traîner la nuit le long du Malécòn, c'est très beau et extrêmement sympa, et sachez que le Cubain peut aussi être délicat et romantique, avec fleurs et sérénade à la clé. Toutefois, passé une certaine heure, rester sur le muret du Malecòn, c’est accepter tacitement d’y regarder le lever de soleil, donc à vous de voir… On peut y discuter très librement, dans la pénombre.

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Une nature préservée, une population formidable

L’île est vaste (presque 110 000 km2) et les temps de trajet assez longs, mais cela vaut la peine de sortir de La Havane pour profiter des plages et admirer une nature verdoyante, faite d’une alternance de plantations de café, de tabac, de cannes à sucre et de forêts de bambous, de palmiers, de flamboyants. L’embargo et l’effondrement du bloc soviétique ont fortement limité l’usage des pesticides et la mécanisation de l’agriculture. Le gouvernement a créé plusieurs réserves naturelles qui garantissent la biodiversité. Aucun serpent venimeux ni insecte dangereux à Cuba, quelques crocodiles un tantinet agressifs. Au sud de l’île, la ville de Trinidad à l’architecture coloniale offre un visage extrêmement plaisant, avec des rues grossièrement pavées où claquent les sabots des chevaux, un marché artisanal de qualité, des maisons de toutes les couleurs. Les habitants sont très accueillants et il est agréable d’aller danser le soir à la maison de la Samba, de faire des randonnées à cheval dans les collines environnantes, de se baigner dans une mer turquoise et translucide. L’île offre bien d’autres lieux intéressants, en particulier pour faire de la plongée, mais un séjour de deux semaines ne m’a pas permis d’en apprécier les charmes. La population de Cuba est plutôt jeune, et toutes les couleurs de peau sont représentées. Blancs, noirs et mulâtres se côtoient constamment sans discrimination visible. Cela permet de se fondre dans la masse, même si votre accent trahira votre origine étrangère. Les Cubains sont majoritairement patients et gentils, curieux de l’autre et extrêmement inventifs lorsqu’il s’agit de gérer les difficultés de tous ordres qui président à leur quotidien. Vivre à Cuba, c’est être capable de transformer le plomb en or, les tacots en voitures splendides, le désespoir en chansons, l’oppression en qualité d’accueil, la pénurie en énergie vitale.

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Cuba… pas encore « libre » est ainsi une destination singulière et authentique où souffle, en ces temps incertains, un rafraîchissant vent de … liberté !

A lire, voir et écouter avant le départ :

Hasta Que Se Seque el Malecón de Jacob Forever, Planet Records Vampiros en La Habana film d’animation de Juan Padron, 1985 La Douleur du dollar, roman de Zoé Valdès, Actes Sud, 1997 Suite caribéenne, Corto Maltese, de Hugo Pratt, Casterman, 1990 Viva Cuba ! 28 septembre 2016, suite documentaire, Arte et France 24. Buena Vista Social Club, film de Wim Wenders, 1999

Texte de Sophie Denis

vendredi 23 décembre 2016

Tu fais quoi dans la vie ?

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Tu fais quoi dans la vie ?

Tu connais ce moment, on se rencontre, on se retrouve et tu vas me poser cette question : « Tu fais quoi dans la vie ? » Tu sais quoi répondre, toi ? Moi, plus vraiment. Il y a quelque mois je pouvais encore répondre « chef de projet en e-santé ». C'était un beau travail. Mais est-ce que ça aidait à comprendre ce que je faisais dans la vie ? Non, ça permettait de savoir à quoi je dévouais quarante heures par semaine. Fais le calcul, il reste 128 heures dont on ne parle pas. Aujourd’hui, je ne suis plus « active », je suis au chômage. Spoiler alert : je n'ai jamais autant travaillé. J'ai retrouvé la liberté de disposer de mon temps. Je l'explore. Le temps est notre seule vraie richesse, même si personne ne sait combien il lui reste à dépenser. Alors je peux simplement t'expliquer à qui et à quoi je donne ce temps. Des idées, des projets pour avancer. Mais pour l'instant ce n'est pas ce que tu appelles un travail. Pour l'instant, ça ne m'aide pas à payer mon loyer. C'est juste ce que je fais dans la vie.

T'es sérieux, toi ?

Pour certains, ce qui est sérieux, c'est de ne pas rester au chômage, ne pas perdre son temps. Je répondrais que ce qui est sérieux, c'est de trouver un projet pour lequel on est prêt à donner son temps. Il existe encore un mythe qui voudrait nous faire croire que l'on existe seulement par son travail, qu'exhiber un poste suffit à faire de nous quelqu'un de sérieux. Mais as-tu déjà rencontré cette personne en pleine parade, prête à te démontrer toutes ses qualités de professionnel, déployant tous ses atours pour bien faire comprendre à son public que c'est quelqu'un de sérieux ? Problème, cette personne n'est concentrée que sur elle. Souvent elle ne dit rien. Elle perd son temps et te fait perdre le tien. Elle a confondu être sérieux et se prendre au sérieux. C’est aussi triste que ridicule. Que tu sois en costard ou en jean, directeur ou stagiaire, que tu aies un chignon ou un stylo dans les cheveux, je m'en fous. Ce qui compte, c'est ce que tu dis, ce que tu fais. J'ai rencontré trop de « grands professionnels » qui dédiaient leur temps au vide, occupés à justifier leur rang en brassant de l'air. Ils ont confondu leur travail et leur égo. Ils t'ont volé ton temps, ils ne me voleront plus le mien.

Pourquoi tu travailles ?

C'est ce que j'aimerais te demander. Peut-être que ça ne se pose pas comme question. Moi, je me la suis posée. J'ai compris que beaucoup confondent emploi et travail. Parfois oui, ils se confondent. Mais parfois l'emploi empêche de travailler tout en te donnant les moyens de continuer. Absurde. Aujourd'hui je n'ai ni l'un ni l'autre mais j'ai une fenêtre : un peu de temps. Alors je le déplie dans tous les sens pour fabriquer mon travail. Développer des projets innovants d'utilité publique, accepter l'erreur qui fait avancer la question, sans mettre en danger les égos, sans costard ni titre de directeur. Et toujours avec sérieux.

Dans la vie, je cherche des raisons valables de dépenser mon temps.

Texte de Clémentine Hahn

Plus d'infos sur l'auteure : @ClementineHahn

vendredi 16 décembre 2016

Comment vivre dans une cabane ?

Nous avons une cabane en nous. Un abri que notre cœur a bâti là au bout de ce chemin. Elle est une parenthèse, une encoche dans le temps, un endroit où nous le regardons passer. Nous y vivons au rythme des saisons, réveillés par le jour, endormis par la pluie, apaisés par la neige. Sous son toit, nous nous retrouvons, étonnés de découvrir nos gestes précis, fonctionnels, conscients et gracieux. L’inutilité, le futile a peu de place au milieu de ces murs de bois. Les objets sont beaux de leur matière et de l’usure due à leur usage. Nous pouvons les entretenir, les réparer ou nous résoudre à les jeter. Nous les touchons avec plaisir, en ressentant la simplicité et la solidité. Ils semblent comme nous vivre ici une vie de lenteur, de sourires et de plaisirs.

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Ils ne nous encombrent pas, ils sont là pour simplifier le geste, sans technologie compliquée. Nous avons décidé de n’avoir aucun objet dont la technologie soit postérieure à 1990. Micro-ondes, ADSL, écrans plats, clefs USB, DVD, encombrant notre vie citadine, en sont donc exclus. Nous avons disposé une boîte à l’entrée, dans laquelle nous rangeons les téléphones portables, hors de notre vue. Nous apprécions que nos visiteurs en fassent de même.

La cabane est construite en bois, un matériau facile à mettre en œuvre, que les scieries proches peuvent nous délivrer. Il stocke en lui ce carbone que l’on ne veut pas laisser s’échapper. De forme simple, la cabane est petite avec ses deux pièces à l’ambiance rustique. Les meubles sont fabriqués avec des éléments récupérés dont nous avons détourné l’usage. Ils sont recoupés, poncés, relookés comme par jeu. Les matières sont vivantes, authentiques et tendres pour nos yeux et nos corps. Six personnes peuvent y dormir dans des lits superposés et un grand lit. Une longue table nous permet de préparer une cuisine simple et de jouer avec les petits. Elle se transforme en établi pour faire place aux travaux manuels. La tribu, que nous formons avec les petits, dessine, peint au milieu des rires ou des chants. La lumière est douce en notre cabane, filtrée par les arbres proches, mais ce sont surtout les sons dont nos sens s’émerveillent. La cabane craque, chante sous le vent, les oiseaux griffent le faîtage de leurs pattes et accompagnent nos réveils de leurs chants ensoleillés.

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Le bout du chemin nous permet d’avoir l’eau et l’électricité. Nous nous chauffons avec un poêle à bois. Nous vivons dans la grande pièce et sur les terrasses en bois qui en doublent la surface au sol. Il fait bon en journée, en choisissant l’ombre ou le soleil, s’y prélasser, s’occuper de préparer nos cueillettes et nos récoltes. Installés dans des fauteuils en bois ou des chaises longues en tissu coloré, nous dominons un jardin exubérant, où l’osier tressé, découpe les volumes par son feuillage. Il compose des tonnelles, parasols et haies qui permettent de s’isoler, de se cacher et de rêver. Notre cabane nous permet de voyager hors du temps, au cœur du temps. Nous nous sentons en elle si présents, tout comme elle est si présente en nous.

Texte de Marie-Pascale Mignot & Bruno Hingray

vendredi 9 décembre 2016

Vert c'est vert

En 1966 Johnny chantait « Noir, c’est noir, il n’y a plus d’espoir ». 50 ans après, le noir a laissé sa place à un vert qui s’éloigne de plus en plus des fondements écologiques pourtant mis en avant. Lessives éco-labélisées, terreau bio, la vague du « c’est vert, c’est bon pour la planète » se répand comme une traînée de poudre avec ses désillusions, ses mensonges et ses gros sous. Les produits de grande consommation s’enrichissent de labels durables et le tout green s’étend dans toutes les publicités. On nous vend des éco-quartiers dans leur écrin de verdure, des voitures qui rejettent des pétales de fleurs et des bâtiments si bien camouflés dans une « nature » fantasmée qu’on ne voit qu’un vomi vert. Cette maladie qui pique l’œil et qui est trompeuse porte un nom : le greenwashing.

Coucou, tu veux voir ma pub ?

« L’écoblanchiment ou greenwashing, est une expression désignant un procédé de marketing ou de relations publiques utilisé par une organisation dans le but de se donner une image écologique responsable. La plupart du temps, l’argent est davantage investi en publicité que pour de réelles actions en faveur de l’environnement ». Merci Wiki. Une stratégie pour faire de la tune (beaucoup). Et dans le fond, la planète, elle peut bien crever, on trouvera un autre moyen de faire des dollars.

Le plus frappant dans cette définition est sans doute la dernière phrase qui nous montre l’absurdité du système. On investit des milliards dans la publicité pour se créer une image d’écolo responsable et par derrière, c’est le vide. La cata. L’absence totale de fond et d’innovation. Aujourd’hui, tout passe par cette image de nature apaisante, grandiose et ô combien inestimable. Nous sommes nourris, peu importe où nous posons les yeux, par ce marketing agressif au risque de faire passer les vraies avancées en la matière pour de vulgaires projets has been faute de liasses investies dans des visuels léchés. Un soir, j’étais confortablement installé au cinéma en attendant que le film démarre. Pendant 12 minutes (montre en main) nous avons été témoins de 7 publicités différentes dont 4 avaient un message « écolo » avec un parallèle plus ou moins tiré par les cheveux avec la nature, l’envie de liberté et de grands espaces.

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La palme de la publicité la plus fourbe revient certainement à celle qui nous vend des grandes étendues de steppes, des paysages époustouflants d’une pureté incroyable. On traverse des vallées verdoyantes, on survole à dos de drone un littoral où des vagues viennent caresser le sable blond. On voit des déserts, des lacs turquoises, des mangroves et la forêt amazonienne. Une voix masculine au timbre chaud et vibrant nous dit que l’homme, en allant explorer la Lune, ne s’attendait pas à voir un spectacle aussi magnifique : le levé de la Terre. Il faut changer de point de vue nous dit le bonhomme. La star n’est pas la Lune mais la Terre et la richesse de ses paysages. Émotion palpable, on hoche la tête en disant : « Putain, c’est vrai que c’est vachement beau, quand même ! ». Cette publicité pourrait être l’œuvre d’un office du tourisme ou d’une organisation mondiale de sensibilisation à l’environnement. Que nenni. Cette publicité si bien faite, avouons-le, est le fruit d’un constructeur automobile. Les gars ont fait une vidéo magnifique sur des paysages de dingues et ils nous vendent une voiture. Quelle bande d’hypocrites.

Est-ce que cette mode nous influence réellement ? Y a-t-il vraiment un gugusse qui se dit « Mais grave ! C’est cette voiture filmée dans les lacets de montagne et qui possède une qualité de conduite impeccable, qu’il me faut pour aller au travail et me taper 1h de bouchons sur la rocade ! ». Les mecs, redescendez.

Coucou, tu veux revoir ma pub, encore et encore ?

Vous n’avez jamais remarqué la mesquinerie des radios qui passent et repassent et rerepassent les mêmes tubes qui nous emmerdent ? Au bout de la 1000e écoute, on finit par connaître les paroles par cœur et à chanter la chanson pour qu’elle passe plus vite. Ce matraquage, nous le subissons également avec les yeux. À force d’en voir partout, on finit par se dire qu’il faut acheter quand le paquet est vert. Les marques ont bien compris que pour nous forcer à l’achat, il fallait nous « éduquer ». Alors une par une, les marques marchent main dans la main pour nous amener là où elles veulent nous amener : dans leur tirelire.

Toute bonne marque qui se respecte a un ou plusieurs produits étiquetés « vert ». C’est souvent les mêmes produits qu’avant mais avec un packaging aux teintes principales vertes. Question de cohérence et de charte graphique orientée. Associées à la couleur, on retrouve des fleurs, des feuilles et une image subliminale de la nature. Pour finir, on y colle un label « zéro silicone » et le tour est joué.

Regardons une marque comme Mc Donalds. Ni vu ni connu ils ont changé leur logo en France, passant d’un agressif M en jaune sur fond rouge, à un fond vert forêt des plus trompeurs. Mc Do écolo ? Autant que Fillon.

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Coca-cola, à son tour, propose désormais sa gamme « Life ». En français dans le texte ça veut dire « Vivre ». De quelle couleur sont leurs étiquettes ? Vertes ! Et pourquoi ? Parce que la firme a remplacé le sucre par un substitut au goût sucré « d’origine naturelle » provenant d’une plante nommée la Stevia. Mais, mais, mais, c’est un sucre « d’origine naturelle » synthétisé et raffiné. Pardi. Vous imaginez que Mr Coca allait cultiver un lopin de terre pour y mettre son susucre ? La Stevia ayant un léger goût de réglisse qui semblait déplaire aux consommateurs, il a fallu trouver le responsable de cet affreux arôme pour ne tirer qu’une Stevia compatible avec les attentes des fabricants. On se retrouve donc avec une synthèse plus vraiment naturelle, donc. Quand on vous dit que « l’origine naturelle » est souvent trompeuse.

L’écologie rend bipolaire. D’un côté, il y a les pro écolo qui veulent changer les manières de consommer dans un monde où les ressources s’épuisent (ou sont épuisées ?) et de l’autre côté, les détracteurs, les trolls et les relous qui protestent et râlent sur les réseaux sociaux en brandissant des pancartes « C’était mieux avant ! », « Rendez nous les voies sur berges ! », « Rendez nous Pompidou ! ». Ils finiront par perdre leur voix. L’écologie fait fantasmer, quitte à perdre toute crédibilité et comme toute mode, elle finira par passer, poussée vers la sortie par une autre lubie devenue plus lucrative. Allez, ne désespérons pas, c’était mieux demain, quoi qu’il arrive.

Texte de Nicolas Deshais - Fernandez

Plus d'infos sur l'auteur : www.facebook.com/atelierndf

vendredi 2 décembre 2016

EDITO #15 : Freiner des quatre faire

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« Même en courant, plus vite que le vent, plus vite que le temps », nous n’aurons pas le temps. Ah bon ? N’aurez-vous pas le temps de lire cet édito avant de déguster ce nouveau numéro de FACES B ? Dans ces espaces temps, l’essentiel reste l’insoutenable légèreté de l’heure. Evidemment « À quoi ça sert de courir partout » ?

Evidemment… « on danse encore » sur l’idée de ces minutes qu’on aimait « temps ».

Car perception et temporalité sont indissociables ! Et pourtant… « nous on voulait tout, tout de suite ». L’apanage de la jeunesse. Cette impétuosité nerveuse. La crainte que tout nous échappe. Le sable comme l’or… et pourtant… « Le soleil donne ». Puis s’invite le désir de jouer avec le temps lorsqu’approche l’âge de raison. À la moitié du chemin. Au moment de se positionner. Bien en places. « Quelle heure est-il quand elle accroche son sourire à mes yeux ? ». Jusqu’à ce moment où il est heureux de le freiner des quatre faire. Badiner. Aimer. Contempler. Déguster. « Les records, cela m’indiffère, je n’ai plus l’âge pour ça ». Alors le temps devient existentiel. « Et puisque rien ne presse, on veut du temps qui reste ».

Une question s’impose toutefois ! Hormis le père Fouras, qui peut être le maître du temps ? Dieu ne sait plus à quel saint se vouer et Maître Yoda donne sa langue au Sith. Donc, nous tous un peu les chefs de notre temps ! Bonne réponse Maître Capello ! Si le photographe le fige, l’auteur l’accompagne sous toutes ses conjugaisons. Un petit miracle en somme. Une probabilité certainement. Comme nous le précisent nos invités, Gérard Rancinan et Caroline Gaudriault. « Et puis la foule s'est mise à marcher. Au pas de la loi du marché. Et c'est le Cac qu'a commandé ; C'est le Cac qu'a cadencé ». Désencombrer nos mémoires pour garder un regard neuf.

L’épilogue à tout cela peut faire sourire. « J’entends gémir les chœurs des "Si j'avais su...", "Si j'avais pu...", des "Si j'avais eu moins peur... ». Alors le temps est notre allié. Un compagnon de route décliné en mille visages dont certains vous sont présentés dans ce magazine. Le temps est notre ami. Fidèle par sa farouche régularité. Un présent venu de soi.

« J’ai vidé mon grenier, sur un coup de colère, appelé les chiffonniers et pas les antiquaires ».

Cyril JOUISON

jeudi 4 août 2016

EDITO #14 : D’essence et des mots

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« Les cadors, on les retrouve aux mêmes places »… Nickel ! Dans tous les sens du terme d’ailleurs, sans parodie de jeux de mots. Évidemment, nous sommes au coeur de l’été. Cette saison éveille les sens. Ravive les sens. Le sens du beau. Le sens du travail. Le sens tout court. En quatre lettres. Les sens. Essence. Essentiel. Allitération en sens. Pour autant, nous vous invitons à venir vous asseoir à côté de nous. Venez écouter « tous ces petits moments magiques de notre existence ».
Ici pas de sacs plastiques. Nous gardons. Nous humons. Nous savourons. Nous contemplons. Et nous essayons de donner… du sens. D’en libérer aussi. Après quoi court-on ? De quoi avons-nous besoin ? De quoi sommes-nous faits ? L’humanité est demandeuse de sens : entre amis, dans le couple, dans la famille, dans l’entreprise. Partout ! Au sens directionnel que nous prenons, s’ajoute le sens émotionnel. Fermons les yeux ! « Si la vie est un film de rien », chantons ce baiser ! Sourions à la « joyeuseté » comme un carburant à nos mots. La déliquescence de nos maux.
Haro sur les blessures ! Mercurochrome, arnica et biafine n’y feront rien. Seul notre propre sens nous montre la direction. J’ai envie d’écrire, telle une caméra-style qui tournille autour de son sujet, un sourire en forme de « Chabada bada ».Les yeux vers le ciel.
Chacune de nos cellules porte le sens que nous donnons à notre existence. « Je porte sur moi ce que je suis ». Et oui… finalement… et si c’était cela la vie...»

Cyril Jouison

mardi 22 mars 2016

Je suis un aéroport

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Charlie, le Bataclan, la France et sa liberté de vivre et d’expression n’ont pas été épargnés par la tristesse en 2015. Puis une page se tourne vers 2016, les souvenirs sombres restent présents comme des particules invisibles. Et Bruxelles détonne, son métro s’embrase, son aéroport s’envole. Voyageurs, travailleurs, simples individus en soif d’exode et de découvertes, sont punis de cette envie vitale.

Aujourd’hui, il ne suffit plus de prôner le mal, être épicurien est un risque. Après la paralysie de Paris en novembre, les buveurs et bons vivants ont poursuivi leur emprise des terrasses. Puis Abidjan, Istanbul ou Lahore, retournent flâner dans les rues. Tout comme Bruxelles ressortira sa carte de transport, et reprendra son envol vers le monde.

Nous ne sommes pas des résignés, le combat de la liberté n’en ait pas un, c’est un acte inné. Prenons l’avion, partons découvrir les mille vertus du monde, ne nous rassasions jamais de notre soif d’évasion. Et continuons à rire, picoler et à chanter, c’est notre seule arme. La vie est un voyage, chaque jour est une découverte.

Nous sommes Charlie, nous sommes Paris, et maintenant nous sommes un aéroport...

Allez, silence, on voyage !

Contribution de Maeva Girardot - http://silencecavoyage.com

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