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vendredi 2 décembre 2016

EDITO #15 : Freiner des quatre faire

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« Même en courant, plus vite que le vent, plus vite que le temps », nous n’aurons pas le temps. Ah bon ? N’aurez-vous pas le temps de lire cet édito avant de déguster ce nouveau numéro de FACES B ? Dans ces espaces temps, l’essentiel reste l’insoutenable légèreté de l’heure. Evidemment « À quoi ça sert de courir partout » ?

Evidemment… « on danse encore » sur l’idée de ces minutes qu’on aimait « temps ».

Car perception et temporalité sont indissociables ! Et pourtant… « nous on voulait tout, tout de suite ». L’apanage de la jeunesse. Cette impétuosité nerveuse. La crainte que tout nous échappe. Le sable comme l’or… et pourtant… « Le soleil donne ». Puis s’invite le désir de jouer avec le temps lorsqu’approche l’âge de raison. À la moitié du chemin. Au moment de se positionner. Bien en places. « Quelle heure est-il quand elle accroche son sourire à mes yeux ? ». Jusqu’à ce moment où il est heureux de le freiner des quatre faire. Badiner. Aimer. Contempler. Déguster. « Les records, cela m’indiffère, je n’ai plus l’âge pour ça ». Alors le temps devient existentiel. « Et puisque rien ne presse, on veut du temps qui reste ».

Une question s’impose toutefois ! Hormis le père Fouras, qui peut être le maître du temps ? Dieu ne sait plus à quel saint se vouer et Maître Yoda donne sa langue au Sith. Donc, nous tous un peu les chefs de notre temps ! Bonne réponse Maître Capello ! Si le photographe le fige, l’auteur l’accompagne sous toutes ses conjugaisons. Un petit miracle en somme. Une probabilité certainement. Comme nous le précisent nos invités, Gérard Rancinan et Caroline Gaudriault. « Et puis la foule s'est mise à marcher. Au pas de la loi du marché. Et c'est le Cac qu'a commandé ; C'est le Cac qu'a cadencé ». Désencombrer nos mémoires pour garder un regard neuf.

L’épilogue à tout cela peut faire sourire. « J’entends gémir les chœurs des "Si j'avais su...", "Si j'avais pu...", des "Si j'avais eu moins peur... ». Alors le temps est notre allié. Un compagnon de route décliné en mille visages dont certains vous sont présentés dans ce magazine. Le temps est notre ami. Fidèle par sa farouche régularité. Un présent venu de soi.

« J’ai vidé mon grenier, sur un coup de colère, appelé les chiffonniers et pas les antiquaires ».

Cyril JOUISON

jeudi 4 août 2016

EDITO #14 : D’essence et des mots

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« Les cadors, on les retrouve aux mêmes places »… Nickel ! Dans tous les sens du terme d’ailleurs, sans parodie de jeux de mots. Évidemment, nous sommes au coeur de l’été. Cette saison éveille les sens. Ravive les sens. Le sens du beau. Le sens du travail. Le sens tout court. En quatre lettres. Les sens. Essence. Essentiel. Allitération en sens. Pour autant, nous vous invitons à venir vous asseoir à côté de nous. Venez écouter « tous ces petits moments magiques de notre existence ».
Ici pas de sacs plastiques. Nous gardons. Nous humons. Nous savourons. Nous contemplons. Et nous essayons de donner… du sens. D’en libérer aussi. Après quoi court-on ? De quoi avons-nous besoin ? De quoi sommes-nous faits ? L’humanité est demandeuse de sens : entre amis, dans le couple, dans la famille, dans l’entreprise. Partout ! Au sens directionnel que nous prenons, s’ajoute le sens émotionnel. Fermons les yeux ! « Si la vie est un film de rien », chantons ce baiser ! Sourions à la « joyeuseté » comme un carburant à nos mots. La déliquescence de nos maux.
Haro sur les blessures ! Mercurochrome, arnica et biafine n’y feront rien. Seul notre propre sens nous montre la direction. J’ai envie d’écrire, telle une caméra-style qui tournille autour de son sujet, un sourire en forme de « Chabada bada ».Les yeux vers le ciel.
Chacune de nos cellules porte le sens que nous donnons à notre existence. « Je porte sur moi ce que je suis ». Et oui… finalement… et si c’était cela la vie...»

Cyril Jouison

jeudi 10 septembre 2015

EDITO #11 : Pour vivre heureux, vivons touchés !

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Pour vivre heureux, vivons touchés !

« À la fin de l'envoi, je touche ! ». Edmond Rostand ne se doutait certainement pas qu'en 2015, ces mots prendraient un sens bien spécifique. Car oui, à la fin des envois, nous touchons ! Tout ce que nous émettons ne demande qu'à toucher. Le cœur. Le corps. L'esprit.

L'équipe de FACES B ne s'y trompe pas. Au cœur du printemps, le toucher prend tout son sens. Nous avons tous besoin – plus ou moins – de ressentir. L'imperméabilité émotionnelle de notre société ne peut pas contenir ce besoin. Ni cette envie. Alors, avec un peu de recul, nous voulons vous donner envie de toucher comme si vous participiez à une grande farandole.

« Touchons-nous les uns les autres ». Au sens propre mais aussi au figuré. Figurez-vous que tout ce qui est touché reste en vous. Cyrano de Bergerac, revenons à lui, utilisait ses mots pour toucher Roxane, sa bien-aimée. Cyrano, encore lui, savait émouvoir à fleuret moucheté. La force et l'émotion dans l'élégance du verbe. « Le meilleur moyen de résister à la tentation est d'y céder » murmurait Oscar Wilde. Teintons-nous alors d'un peu plus de sens. Donnons du sens à nos actes, de la cohérence entre nos envies, nos besoins voire nos comportements. Laissons place à nos sens dans nos agissements. Ovidie et Françoise Huguier, nos invitées made in sens, vous le confirmeront : pour vivre heureux, vivons touchés !

Voilà tout le bonheur que nous vous souhaitons.

Texte : Cyril Jouison // Illustration : Claire Lupiac

mardi 4 février 2014

EDITO N#7

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7e Symphonie

FACES B ouvre son année au rythme de 2014 coups de cymbale ! Voilà une composition savante, une proportion vaste en plusieurs mouvements joints ou disjoints, faisant pourtant appel aux ressources d’une même équipe symphonique. Étrange… Ce 7e opus ne prendrait-il pas des airs ? Bien sûr que non ! Voilà qu’il opère plutôt une réconciliation : « … Moi, j’aurais souhaité faire du bruit ! Tu vois, j’aime quand l’espace est occupé, quand on ressent une présence, quand le rythme envahit nos vies… j’ai besoin de fracas pour marquer mon pas.
- Ce n’est pas un peu exagéré ? Nous pourrions décrire un monde plus nuancé où le silence se ferait entendre. Tu sais, ces moments où on n’entend rien et où il se passe pourtant une multitude de choses : un regard croisé, un hochement de tête ou simplement « un semblant de rien » qui invite à davantage de quiétude…
- Quoi ? La quiétude ? Faire une place au silence, sans meubler, sans s’immiscer, sans agir, sans faire… du bruit ? Pour moi, c’est mission impossible. J’ai besoin d’exister, de sentir mes lèvres bouger, parler, crier, être moi-même, faire monter les décibels.
- Tu veux que le son nous inonde, même s’il te faut polluer les ondes ! Pourtant, parfois, en étant si belles, les ondes de l’apaisement passent par un repos phonique. Une plénitude du rien. Telle une sorte d’écriture « a-sonore » avec ses pleins et ses déliés qu’il est bon d’apprécier.
- Déliées ? Comme les langues qui s’agitent. Qui chantent. Qui flirtent et qui s’ouvrent sur les autres, pour dire non au silence et au retour à soi… »
Beaucoup de bruit pour rien ! Ce dialogue de sourds illustre de la plus juste des façons nos propres ambivalences et celles qui règnent parfois dans notre rédaction. Le chaud côtoie le froid, le bruit s’impose face au silence, mais chacun fait un pas vers l’autre. Là, l’alchimie se fait, un vacarme atténué laisse place à un calme agité. N’est-ce pas d’ailleurs cette complémentarité bienveillante qui nous permet de vous offrir ce savant mélange entre bruits et silences ? Un FACES B mouvementé à en rester BOUCHE B.

Un edito de Nicolas Chabrier & Cyril Jouison / illustration Claire Lupiac

mardi 22 octobre 2013

EDITO N#6

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À FACES B, les relations humaines nous sont si chères qu’elles constituent la clé de la pérennité de ce magazine. Au sein de cette union de personnalités, d’horizons, de disciplines et d’âges différents, chacun peut (et doit) faire entendre sa voix. Ce qui implique forcément, de temps à autre, des coups de gueule, des crises d’ego ou d’autorité. Nos valeurs nous unissent toujours, mais nos fonctionnements divergent parfois. Bref, il y a du bruit, de la vie, voire, en point d’orgue, des cris et des larmes. Vient alors le moment salvateur de la « pause bisous »...

Tel Ardisson dans feu Tout le monde en parle, Cyril « aux platines » monte le son et envoie le célèbre Love is you de Carol Williams, signal de l’apaisante tournée de bisous. On se lève tous, non pas pour Danette, mais pour un chaleureux échange de bises avec son voisin, avant de passer au suivant, comme pour les vœux de nouvelle année. C’est l’arme fatale pour détendre l’atmosphère. Chacun se raisonne, s’ouvre aux avis des autres, range ses griefs et se souvient qu’il est fier d’appartenir à cette belle famille.

En cet automne 2013, nous avons eu envie de vous faire profiter de ce petit secret magique et réconfortant. On s’est dit que vous aussi, vous auriez bien besoin d’un peu de chaleur humaine pour affronter les jours qui raccourcissent, les feuilles et la pluie qui tombent. C’est donc un numéro spécial sur les bienfaits de la bise, du baiser et du bisou que vous avez sous les yeux. Sur la joue de vos amis, enfants chéris ou collègues, ou encore sur la bouche de l’être cher, donner un baiser déclenche immédiatement une sécrétion de dopamine, l’hormone anti-stress par excellence. Une vitamine d’un autre genre dont nous aurions tort de nous priver.

XOXO

Un edito de Caroline Simon / illustration de Claire Lupiac

dimanche 7 avril 2013

Edito - Numéro 4 - Printemps 2013

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Texte : Caroline Simon - Illustration : Claire Lupiac

Le quatrième singe
« Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire. » Telle est la maxime qui se cache derrière les trois singes de la sagesse, symboles de la mythologie asiatique. Chacun d’entre eux se couvre une partie du visage avec les mains : les yeux, les oreilles et la bouche. À celui qui suit ce précepte, il n’arriverait que du bien…
Il y aurait pourtant une « morale » sous-jacente qui inviterait à feindre l’ignorance devant la conduite fautive des autres, plutôt que de la dénoncer. Ces trois petits singes symboliseraient le comportement lâche de ceux qui ne veulent pas voir ce qui pose problème, qui ne veulent rien dire pour ne pas prendre de risque et rien entendre pour pouvoir faire comme s’ils ne savaient rien.
Ce numéro dénonce ces attitudes passives et donne naissance à un quatrième singe : celui qui sort du confort de la neutralité stérile et décide de se battre pour ses idées, d’aider son prochain, de se mobiliser... de s’engager !
Puisque n’être ni pour ni contre ou taire ses opinions n’a jamais permis, ni de faire évoluer les mentalités, ni de contribuer à la naissance de lois progressistes, l’heure du passage à l’acte a sonné. Soyons rebelles, soyons acteurs, soyons utiles ! We can do it!
Qu’importent les moyens d’actions ou la cause à défendre, que vous soyez plutôt Femen, Indignés ou Anonymous, l’important est de ne pas tomber dans le cynisme ambiant qui consiste plus à commenter qu’à agir. Car le cynique ne s’engage pas, il préfère éviter l’action en la dénigrant. L’apathie doit faire place à l’empathie, pour laisser une trace positive de notre passage en ce monde (n’en déplaise à ceux qui jugeront cette phrase quelque peu grandiloquente, c’est assumé...). Un seul but doit nous guider : le mieux vivre ensemble.
S’engager, c’est d’abord utiliser sa liberté, user de son libre arbitre, un luxe qui n’existe pas dans toutes les sociétés. Ainsi l’hésitation n’est plus de mise : « aux actes, citoyens ! *»

* Aux actes citoyens ! De l’indignation à l’action, ouvrage de Hervé Sérieyx et André-Yves Portnoff, aux éditions Maxima (2011).

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mardi 11 décembre 2012

EDITO : Cap ou pas cap ?

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Texte : Caroline Simon - Illustration : Claire Lupiac

Il existe des jeux inoffensifs. Et d’autres pas…
Enfants inséparables, Sophie et Julien se lancent des défis en permanence. Tour à tour victime et esclave, aucun des deux ne veut céder de terrain à l’autre. Au départ bêtises anodines, leurs jeux prennent rapidement une dimension cruelle, voire perverse venu l’âge adulte.
Ils s’aiment passionnément mais préfèrent se faire du mal plutôt que de se l’avouer. Accros à ces jeux qui les unissent et les excitent plus que toute autre chose, ils jouent avec le feu, surfent avec les limites, en s’approchant toujours plus près du précipice.
 « Sacrée Sophie, le jeu avait repris sur les chapeaux de roue. Du bonheur à l'état pur, brut, natif, volcanique, quel pied ! C'était mieux que tout, mieux que la drogue, mieux que l'héro, mieux que la dope, coke, crack, fix, joint, shit, shoot, snif, pét', ganja, marie-jeanne, cannabis, beuh, peyotl, buvard, acide, LSD, extasy. Mieux que le sexe, mieux que la fellation, soixante-neuf, partouze, masturbation, tantrisme, kama-sutra, brouette thaïlandaise. Mieux que le Nutella au beurre de cacahuète et le milk-shake banane. Mieux que toutes les trilogies de George Lucas, l'intégrale des Muppet Show, la fin de 2001. Mieux que le déhanché d'Emma Peel, Marilyn, la Schtroumpfette, Lara Croft, Naomi Campbell et le grain de beauté de Cindy Crawford. Mieux que la face B d'Abbey Road, les solos d'Hendrix, le petit pas de Neil Armstrong sur la lune. Le Space Mountain, la ronde du Père Noël, la fortune de Bill Gates, les transes du Dalaï lama, les NDE, la résurrection de Lazare, toutes les piquouzes de testostérone de Schwarzy, le collagène dans les lèvres de Pamela Anderson. Mieux que la liberté. Mieux que la vie… »*
Ces deux personnages « borderline » ont finalement franchi la ligne jaune, en se laissant prendre au piège dans du béton. À la vie, à la mort...
« C’est comme ça qu’on a gagné la partie. Ensemble. Heureux. Et là, au fond du béton, on a enfin partagé notre rêve d’enfant : le rêve d’un amour sans fin... »*
Dans la vraie vie, ils vécurent heureux et eurent au moins un enfant. Mais ceci est une autre histoire…

* Texte extrait du film Jeux d’enfants, réalisé en 2003 par Yann Samuell, avec Marion Cotillard et Guillaume Canet.