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vendredi 30 décembre 2016

Cuba libre ?

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Pourquoi Cuba est-elle devenue la destination tendance ? Sans doute parce que grâce à son histoire tumultueuse, l’île a su garder son authenticité. Pas encore de Mac Do, ni de Starbucks café. De vieilles voitures américaines, de la musique partout et tout le temps, une population chaleureuse et métissée. C’est tout un pays qui a échappé à l’uniformisation et garde ainsi une identité originale.

La situation géographique de Cuba dans les grandes Antilles, à la confluence de la mer des Caraïbes, du golfe du Mexique et de l’océan Atlantique, au sud du tropique du Cancer, assure un climat tropical rendu plaisant par les alizés. Ses plages magnifiques (sable fin et eau translucide garantis) et sa végétation extrêmement variée en font une destination touristique idéale. Quand vient la saison des orages, le ciel est impressionant… Aller à Cuba, c’est faire un saut dans le passé, échapper à l’addiction à internet (la connexion n’est possible qu’à proximité des grands hôtels, peuplés la nuit de centaines de jeunes éclairés par le bleu de leurs écrans), redécouvrir la joie des rencontres, de la lenteur et du plaisir de vivre. L’accès aux journaux étrangers est impossible, la poste met plus d’un mois à acheminer les cartes postales, la télévision locale diffuse essentiellement des telenovelas sirupeuses. Vous serez ainsi comme coupés du monde, attentifs de ce fait à l’ici et maintenant.

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Un peu d’histoire

L’histoire de la plus grande île des Caraïbes est si riche et si complexe qu’on se contentera d’en indiquer les grandes lignes. « Découverte » par Christophe Colomb en 1492, et revendiquée dès lors par l’Espagne, l’île est peuplée d’indiens Taïnos et Ciboneys qui seront réduits en esclavage et décimés par les maladies. S’ensuit une « importation » d’esclaves d’origine africaine, principalement du Nigéria, qui durera de 1511 à 1886, et fournira la main d’œuvre nécessaire à d’immenses plantations de café et de cannes à sucre, les réserves d’or de l’île ayant été rapidement épuisées. Une brève occupation anglaise au XVIIIe s’achèvera par l’échange de l’île contre la Floride. Des pirates français venus de Saint-Domingue viennent en 1800 infester ses côtes. Une série de rébellions au XIXe siècle aboutira, après une guerre hispano-américaine, à l’indépendance de Cuba en 1902. La première moitié du XXe siècle est marquée par une dépendance économique très forte vis-à-vis des États-Unis, dont la mafia transforme La Havane en capitale du jeu et de la prostitution dans les années 50. En 1959, le dictateur Batista est renversé par les révolutionnaires de Fidel Castro et du « commandante » Che Guevara (qui prendra la fuite en 1965). Les grandes sociétés sont dissoutes et les grands propriétaires terriens expropriés, provoquant en 1962 l’instauration d’un embargo américain toujours effectif. Les belles demeures de La Havane sont morcelées en appartements. Le soutien de l’URSS engendre différentes crises (Baie des cochons, 1961, Crise des missiles, 1962). L’effondrement du bloc soviétique en 1990 ouvre la « période spéciale » qui voit, par nécessité, renaître l’agriculture vivrière et impose une gestion des ressources naturelles plus éco-responsable. Cuba est à ce jour, et ce depuis 1976, une République Socialiste présidée par Raùl Castro (dont on vient de fêter les 85 ans), qui a succédé à son frère Fidel en 2006. La récente « ouverture » au tourisme international (américain en particulier) relève sans doute plus de la nécessité économique que d’un assouplissement du régime politique.

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Vie quotidienne

Si le billet d’avion est relativement cher, la vie à Cuba est plutôt bon marché pour un visiteur averti. Il faut toutefois s’acquitter d’un visa et d’une assurance pour la durée du séjour. Le mojito est au même prix que la bouteille d’eau, et le rhum est d’excellente qualité. Pour l’hébergement, évitez les hôtels qui ne présentent pas grand intérêt, et préférez les « casa particulares », logements chez l’habitant signalés par un sigle signifiant qu’elles sont officialisées par le gouvernement. Il vous en coûtera 30 euros la nuit, petit-déjeuner délicieux inclus (fruits exotiques, tortilla, thé, café, crêpes, etc.). Cuba possède un système de double monnaie : le « peso convertible » (CUC) qui équivaut à peu près à un euro, et la monnaie nationale (MN), qui vaut 25 fois moins. Il faut garder à l’esprit que le salaire moyen mensuel à Cuba est de 30 euros, ce qui rend le visiteur européen fort riche par rapport à la population. Le touriste paiera au prix fort les spectacles de danse, le cinéma, les concerts et les musées, quand ils ne coûtent que quelques centimes à la population. La carte bancaire n’est d’aucune utilité dans le pays, même s’il existe quelques distributeurs d’argent. Il faut se munir de liquide et de patience car l’attente dans les bureaux de change peut être de plusieurs heures. Attention ! Si l’on vous rendra parfois la monnaie en MN, les Cubains apprécient peu que les visiteurs les paient dans cette monnaie. Réservez plutôt vos MN pour les pourboires… Les magasins, nombreux dans le quartier Habana Viejà autour de la calle Obispo (la rue Sainte Catherine locale), sont pratiquement vides. L’artisanat est de piètre qualité, même si un entrepôt près du port abrite des centaines de stands de peintures. Outre les célèbres cigares et l’incontournable rhum, on pourra ramener des casquettes et des sacs à l’effigie du Che et des instruments de musique traditionnels. A l’attention à la gente masculine : le port de la barbe, vu sa résonance politique, est fortement déconseillé, surtout si vous vous affublez d’une casquette kaki à étoile rouge. Seuls quelques hipsters la portent, avec le look adéquat. L’approvisionnement en nourriture reste complexe, même si les fruits et légumes abondent, les produits sont soumis à des tickets de rationnement. La nourriture est assez simple, à base de riz brun et de haricots noirs, avec de la langouste et des crevettes pour des prix modiques. Les plats sont étonnamment peu épicés pour cette région du monde. De très nombreux « paladres » vous permettront de vous restaurer agréablement pour quelques pesos. L’eau du robinet n’étant pas potable, le budget « eau » est un important poste de dépense. Un cola local permet aussi de se désaltérer, ainsi que des jus de toutes sortes. Le café, que les Cubains boivent très sucré, est délicieux.

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Le charme désuet de La Havane

Fondée au XVIe siècle par les Espagnols, La Havane est une très grande ville (2,4 millions d’habitants pour une superficie de 720 km2) constituée de plusieurs quartiers très divers dont Miramar, le quartier chic des ambassades, Habana Vieja, le centre historique autour du Capitole et Vedado, autour de l’université. Dans les rues défoncées, une circulation dense de vieilles américaines qui servent de taxis collectifs pour 10 pesos de monnaie nationale. Les maisons à colonnes d’origine coloniale sont peintes de couleurs vives et ornées de balcons. La décrépitude donne à l’ensemble un charme très particulier et très photogénique. Se promener dans La Havane est une expérience délicieuse à toute heure, et en toute sécurité, car de nombreux musiciens se produisent aux terrasses des cafés, dans les restaurants et les clubs. Les transports en commun, bus appelés « guaguas », sont peu onéreux mais bondés et les horaires sont pour le moins aléatoires. On peut emprunter des vélo-taxis à la lenteur plaisante. Dans le centre historique, on écoutera des concerts sur la plazza Vieja, entièrement restaurée. Les deux musées des Beaux Arts offrent des collections intéressantes, en particulier des Wifredo Lam, peintre cubain inspiré par le cubisme. Toutefois les photographies sont interdites et les cartes postales inexistantes. Original et mystérieux, le musée de la Santeria présente les différents dieux de cette religion faite d’un mélange syncrétique entre la religion Yoruba et les saints catholiques. L’endroit fait aussi office de lieu de culte mais il est impossible d’assister aux cérémonies. La nuit, « the place to be » s’appelle La Fabrica, un lieu immense où se mêlent les concerts de rock ou de reggaeton, les expositions d’art contemporain, les spectacles de danse, les performances. Cubains et étrangers peuvent boire et discuter librement autour d’un mojito, d’un cuba libre ou d’une piña colada, danser ou rêver. Sur les murs de la ville, des tags géants rappellent l’histoire révolutionnaire de Cuba, avec des slogans à la gloire du peuple, des portraits de Che Guevara. Dans les environs de Cuba, un grand panneau déclare que l’embargo a provoqué le plus grand génocide du XXe siècle. Dans les jardins trône le buste de José Marti (1853-1895), écrivain et patriote, qui a beaucoup fait pour l’indépendance du pays. Nulle allusion à la figure de Fidel Castro, ni à celle de son frère Raul. De politique… on ne parlera pas avec les habitants. Des indics dans chaque quartier renseignent le gouvernement, aussi les Cubains sont-ils extrêmement discrets concernant les difficultés de leur vie quotidienne. Le prix du visa de sortie est pour eux prohibitif et les formalités pour l’obtenir fort complexes. Aussi l’île est-elle la plus belle des prisons à ciel ouvert, et les Cubains très heureux d’avoir par votre intermédiaire des nouvelles du monde extérieur. Toutefois, le système éducatif et le système de santé fonctionnent bien. A l’extérieur de la ville, la maison d’Hemingway (il fait là-bas l’objet d’un véritable culte), transformée en musée, est entourée d’un parc magnifique et le jardin botanique propose des collections de palmiers, cactus, orchidées. Côté drague, si vous cherchez l’âme sœur, ne soyez pas étonnés que les Cubains soient muy caliente ! Faites attention à vous, ils et elles passeront très vite de « Que guapa ! » à «Que linda ! »… et du simple clin d’œil au lit, il n’y aura pas très longtemps. Soyez donc vous aussi francs et directs quant à la nature de vos intentions ! Si vous êtes tentés par les rencontres de hasard, allez traîner la nuit le long du Malécòn, c'est très beau et extrêmement sympa, et sachez que le Cubain peut aussi être délicat et romantique, avec fleurs et sérénade à la clé. Toutefois, passé une certaine heure, rester sur le muret du Malecòn, c’est accepter tacitement d’y regarder le lever de soleil, donc à vous de voir… On peut y discuter très librement, dans la pénombre.

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Une nature préservée, une population formidable

L’île est vaste (presque 110 000 km2) et les temps de trajet assez longs, mais cela vaut la peine de sortir de La Havane pour profiter des plages et admirer une nature verdoyante, faite d’une alternance de plantations de café, de tabac, de cannes à sucre et de forêts de bambous, de palmiers, de flamboyants. L’embargo et l’effondrement du bloc soviétique ont fortement limité l’usage des pesticides et la mécanisation de l’agriculture. Le gouvernement a créé plusieurs réserves naturelles qui garantissent la biodiversité. Aucun serpent venimeux ni insecte dangereux à Cuba, quelques crocodiles un tantinet agressifs. Au sud de l’île, la ville de Trinidad à l’architecture coloniale offre un visage extrêmement plaisant, avec des rues grossièrement pavées où claquent les sabots des chevaux, un marché artisanal de qualité, des maisons de toutes les couleurs. Les habitants sont très accueillants et il est agréable d’aller danser le soir à la maison de la Samba, de faire des randonnées à cheval dans les collines environnantes, de se baigner dans une mer turquoise et translucide. L’île offre bien d’autres lieux intéressants, en particulier pour faire de la plongée, mais un séjour de deux semaines ne m’a pas permis d’en apprécier les charmes. La population de Cuba est plutôt jeune, et toutes les couleurs de peau sont représentées. Blancs, noirs et mulâtres se côtoient constamment sans discrimination visible. Cela permet de se fondre dans la masse, même si votre accent trahira votre origine étrangère. Les Cubains sont majoritairement patients et gentils, curieux de l’autre et extrêmement inventifs lorsqu’il s’agit de gérer les difficultés de tous ordres qui président à leur quotidien. Vivre à Cuba, c’est être capable de transformer le plomb en or, les tacots en voitures splendides, le désespoir en chansons, l’oppression en qualité d’accueil, la pénurie en énergie vitale.

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Cuba… pas encore « libre » est ainsi une destination singulière et authentique où souffle, en ces temps incertains, un rafraîchissant vent de … liberté !

A lire, voir et écouter avant le départ :

Hasta Que Se Seque el Malecón de Jacob Forever, Planet Records Vampiros en La Habana film d’animation de Juan Padron, 1985 La Douleur du dollar, roman de Zoé Valdès, Actes Sud, 1997 Suite caribéenne, Corto Maltese, de Hugo Pratt, Casterman, 1990 Viva Cuba ! 28 septembre 2016, suite documentaire, Arte et France 24. Buena Vista Social Club, film de Wim Wenders, 1999

Texte de Sophie Denis

mardi 22 mars 2016

Je suis un aéroport

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Charlie, le Bataclan, la France et sa liberté de vivre et d’expression n’ont pas été épargnés par la tristesse en 2015. Puis une page se tourne vers 2016, les souvenirs sombres restent présents comme des particules invisibles. Et Bruxelles détonne, son métro s’embrase, son aéroport s’envole. Voyageurs, travailleurs, simples individus en soif d’exode et de découvertes, sont punis de cette envie vitale.

Aujourd’hui, il ne suffit plus de prôner le mal, être épicurien est un risque. Après la paralysie de Paris en novembre, les buveurs et bons vivants ont poursuivi leur emprise des terrasses. Puis Abidjan, Istanbul ou Lahore, retournent flâner dans les rues. Tout comme Bruxelles ressortira sa carte de transport, et reprendra son envol vers le monde.

Nous ne sommes pas des résignés, le combat de la liberté n’en ait pas un, c’est un acte inné. Prenons l’avion, partons découvrir les mille vertus du monde, ne nous rassasions jamais de notre soif d’évasion. Et continuons à rire, picoler et à chanter, c’est notre seule arme. La vie est un voyage, chaque jour est une découverte.

Nous sommes Charlie, nous sommes Paris, et maintenant nous sommes un aéroport...

Allez, silence, on voyage !

Contribution de Maeva Girardot - http://silencecavoyage.com

mercredi 3 octobre 2012

Afrique du sud : du Cap à Johannesbourg

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Texte et photos : François Dumez

En prenant un billet pour l’Afrique du sud, nous ne savons pas vraiment quel voyage nous attend. La promesse de paysages grandioses, de safaris à la rencontre des animaux sauvages se mêle aux appréhensions liées à une forte criminalité et à la fin de l’Apartheid si proche. Il y a effectivement des pays que l’on visite d’une humeur plus légère. Des 3500 km parcourus à travers le pays, nous repartirons les yeux écarquillés par les merveilles de l’Afrique, mais aussi inquiets pour l’avenir de ce peuple dont on voit mal comment les plaies béantes pourraient se refermer. Carnet de route.
Notre voyage commence par la région du Cap. La ville de Cape Town a ce point commun avec Rio qu’elle est nichée dans un écrin de nature si grandiose qu’elle en devient une ambassadrice hors norme du pays. La ville s’étend au pied de l’imposante Table Mountain*. Ce bloc de granit, qui culmine à 1086 mètres, semble avoir été découpé au fil à beurre. Depuis les quartiers de Waterfront et Green Point, le spectacle des nuages léchant ce plateau montagneux est envoûtant. Du sommet, on contemple à 180 degrés la côte déchiquetée. L’eau turquoise et glaciale de l’océan atlantique contraste avec la roche sombre. De nombreuses plages de sable blanc comme Clifton ou Camps Bay, surveillées par les Douze Apôtres, cette série de pics rocheux qui se détachent du massif, font le bonheur des surfeurs. Le littoral est occupé par des villas somptueuses dans une atmosphère très jet-set et cosmopolite. Les environs de Cape Town sont tout aussi majestueux. La péninsule s’étend sur une cinquantaine de kilomètres jusqu’au Cap de Bonne Espérance. On peut y goûter la puissance des éléments dans un décor vierge et aride. Profitant d’un climat méditerranéen et de sols acides,  une végétation spécifique à la région du Cap s’y est développée. Elle est composée d’une sorte de maquis jonché de fleurs variées. À l’intérieur des terres, au nord-est de Cape Town, se situent les domaines viticoles les plus réputés d’Afrique du sud, comme Stellenbosch ou Franschhoek. Entourés de montagnes et de forêts séculaires, les vignobles sont installés dans des vallées verdoyantes. Les propriétés sont luxueuses, les vignes soignées. L’atmosphère y est très européenne.

>>> Lire la suite : Numéro 2 - page 27

jeudi 23 août 2012

J'ai nagé avec les requins baleines

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Texte : Caroline Simon

14 mars, Padre Burgos, île de Leyte, Philippines

Debout à 7h, je suis surexcitée par le rendez-vous qui m’attend. Mais le ciel nuageux et l’horizon bouché risquent d’avorter la rencontre, car la présence du plus gros poisson du monde est loin d’être garantie, particulièrement quand la météo est mauvaise. Après un petit-déjeuner consistant, on embarque à six sur le bateau : une grande banka* équipée pour la plongée. Il faudra deux heures pour traverser la baie de Sogod et atteindre la bourgade de San Francisco, située au sud de l'île de Panaon. À l’arrivée, alors qu’un soleil miraculeux nous a rejoints, nous embarquons à bord un guide qui nous présente les règles à suivre pour approcher ces monstres gentils. La rencontre se fait en snorkeling (palmes, masque et tuba). La plongée en bouteille à leur côté est interdite, car réputée trop stressante pour ces animaux sensibles. Il faut respecter une distance minimum de trois à quatre mètres. Pas pour éviter les coups de dents, ils ne mangent que du plancton. Le principal danger vient des mouvements brusques de leur queue qui pourraient survenir en cas de peur. A notre arrivée sur le territoire des whale sharks, le pêcheur chargé de la vigie depuis le mât du bateau repère non loin une ombre dans l’eau. Avec une taille de 8 à 12 mètres, difficile de passer inaperçu en surface. Branle-bas de combat général sur le bateau ! Il faut chausser les palmes, enfiler son masque et son tuba et se positionner à l’avant, prêt à sauter. La banka s'approche au maximum de la masse à fleur d'eau, puis on nous crie "go-go-go !" et c'est chacun pour soi. On se jette à l'eau et on palme de toutes ses forces dans la direction indiquée. On ne tarde pas à l'apercevoir, ce requin inoffensif mais énorme, avec sa jolie robe grise à pois blancs.

>>> Lire la suite : page 45

lundi 6 août 2012

Pour tout l’ivoire du monde

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Texte : Axel Bergen / Photo : J.S. Desbordes

Dans le nord du Cameroun, une horde de braconniers traque les éléphants pour leur ivoire. Après avoir décimé le Tchad et la République centrafricaine, ils se sont attaqués au Parc de Bouba N'Djida, le dernier refuge des pachydermes dans la région, au point de menacer la survie de l'espèce en Afrique centrale. Au bout de la chaîne, les marchés asiatiques, où l'ivoire est signe de prestige social.

Ce sont les vautours et l'odeur qui ont attiré son attention. Cette odeur âpre si particulière, qui reste collée au nez et aux vêtements. Un jour de vent portant, sur la plate-forme arrière de son pick-up, Paul Bour a d'abord vu les charognards, en vol circulaire à quelques centaines de mètres de la piste. Puis il y a eu les effluves de viande en décomposition. En remontant le maio* à pied, dans une clairière, il a trouvé cinq carcasses. Trois adultes, mutilés, et deux petits. Ceux qui ont fait ça ne recherchent ni viande ni trophée. A la machette, ils n'ont eu besoin que de quelques minutes pour extraire leur butin : trois paires de défenses. Cinq animaux d'un coup. Ce jour là, Paul décide de donner l'alerte : « les cavaliers sont là ! » La saison avait pourtant bien commencé. Depuis six ans maintenant, ce Lorrain de cinquante-cinq ans gère le lodge de Bouba N'Djida. Il est tombé amoureux de la faune africaine dans ses livres pour enfant. A peine adolescent, il n'avait qu'un rêve : aller là-bas, en Afrique ! Il lui aura fallu vingt ans pour le réaliser. Ici, Paul accueille une clientèle d'expatriés et de routards lassés par les safaris-photos à la mode Disneyland. Dans ce parc paisible de 220000 hectares aux confins du Cameroun, du Tchad et de la République centrafricaine, il n'imaginait pas que les cavaliers se risqueraient si loin.

>>> Lire la suite : page 50

mardi 31 juillet 2012

Les Philippines, entre sourire et soupir

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Texte et photo : Caroline Simon

Cet archipel lointain aux 7000 îles tropicales, pas encore saturé de touristes, regorge de plages idylliques, de paysages volcaniques saisissants et de rizières verdoyantes. Mais il mérite tout autant d’être connu pour sa population ô combien accueillante. Même la pauvreté n'altère pas la bonne humeur de ce peuple qui prend la vie comme elle vient, selon la fataliste mais sage expression bahala na, « c’est comme ça ». Une fois à Manille, passez votre chemin ! Cette capitale étouffante et grouillante ne présente que peu d’intérêt. En revanche, sa situation permet de rejoindre nombre d’îles paradisiaques en moins d’une heure de vol. Palawan, Mindoro, Bohol, Negros, Cebu : on a l’embarras du choix. Quelle que soit la destination finale, le meilleur moyen de visiter les îles est de louer un scooter. C’est ainsi qu’en roulant tranquillement, on s’imprègne du pays, de ses odeurs. On découvre les modes de vie des Philippins, leur habitat, leurs moyens de transport, leur travail, leurs loisirs, leur vie de famille. Aucun risque de tomber en panne d’essence : de nombreuses échoppes le long des routes vendent la « gazoline » rougeâtre, stockée dans des bouteilles de Coca-Cola (l’un des signes de la forte influence exercée par les Américains qui ont dirigé le pays pendant 45 ans). Et si l’on ne se sent pas de chevaucher une petite moto, on peut opter pour d’autres modes de transports typiques : les jeepneys ou les tricycles. Les premiers sont de vieilles jeeps de l’armée américaine, trafiquées et rallongées. Elles arborent chrome et couleurs éclatantes, ainsi que des inscriptions en tous genres, souvent religieuses. Généralement bondés, ils sont utilisés pour des trajets de courte ou longue durée. Quant au tricycle, c’est l’équivalent local du rickshaw : un side-car attaché à une moto et recouvert d’un auvent, qui peut transporter jusqu’à six personnes (bien qu’il soit légitime de se demander comment on va rentrer dans l’engin, même à deux !).

>>> Lire la suite : page 43

dimanche 10 juin 2012

Le voyage de Sacha en train

Une merveilleuse histoire filmée et racontée par Jean-Sébastien Desbordes dans le prochain numéro de FACES B.

jeudi 17 mai 2012

Espèces en péril

Pour tout l'ivoire du monde, raconte l'épopée vécue par les reporters du documentaire Espèces en péril diffusé dans l'émission 13h15 sur France 2 le 22 avril dernier. Plongez-vous dans ce splendide et touchant reportage, réalisé par Jean-Sébastien Desbordes :