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dimanche 21 octobre 2012

Longueur d’Ondes : 30 ans d’activisme musical

CMJN de base

Texte : Le Furet

Après une première soirée d’anniversaire réussie dans sa région d’origine (le bordelais) en mai dernier au Krakatoa, le bimestriel Longueur d’Ondes fêtera ses 30 ans à Paris le 14 décembre autour de rencontres et de concerts. Une journée entière de mobilisation histoire de se donner de l’élan pour la prochaine étape de ce magazine rock francophone gratuit et déjà culte.
Nul n’est prophète en son pays. Pour preuve, la folle histoire de Serge Beyer, un mordu, tordu, fondu de musique, inconditionnel de la chanson rock francophone. Il crée en 1982 sa propre revue dans sa résidence de la banlieue bordelaise, à Villenave d’Ornon : et l’intitule Sur la même longueur d’Ondes* (également nommée plus sobrement Longueur d’Ondes, voire LO pour les intimes : rien à voir avec le syndicat, quoique leur activisme soit aussi radical et intègre). Un magazine dont il a accouché « en même temps que sa femme », soit à la naissance de sa fille.
Sa motivation ? Ce qu’il « écoutait sur ses platines ne se retrouvait pas dans la presse : des gens comme Samson, Sheller, Thiéfaine, Alain Khan ou Dufresne (à l’époque une fille sexy, rebelle et rock) n’y avaient pas droit de cité. J’ai donc commencé à rencontrer les artistes après les concerts et je me suis lancé.» Trente ans que ça dure. Et la passion est intacte.
En trente ans, le magazine est passé de quelques exemplaires photocopiés à un tirage de 100 000 exemplaires, diffusés partout en France… mais aussi à l’étranger : en Belgique, en Suisse, au Québec - son pays de cœur - et plus récemment au Luxembourg. Il bénéficie pour cela du soutien de l’ensemble de la profession au niveau national (même si le travail est constant pour animer le réseau), mais jamais aucune aide ne lui a été octroyée en Aquitaine ! Une ignorance du milieu local qu’il a de longue date contournée et dépassée pour se concentrer sur ses envolées dans le monde francophone.

Les étapes
«Chacune des étapes du magazine m’émerveille, s’enthousiasme son créateur. Les quinze premières années, j’ai vu le magazine grandir pas à pas. Au démarrage, je distribuais quelques feuilles photocopiées gratuitement à la sortie des concerts… Et peu à peu, c’est devenu un magazine imprimé.» Au fur et à mesure de cette aventure humaine (l’essence même de sa motivation), au fil des rencontres, Longueur d’Ondes devient une équipe, une vraie rédaction se crée, le nombre d’exemplaires croît jusqu’à 5000 au gré des années, Longueur d’Ondes est même vendu en kiosque dans la région.

>>> Lire la suite : Numéro 2 - page 50

vendredi 5 octobre 2012

Dominique A : Ombre et lumières

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Vingt ans de carrière, vingt ans d’un amour immodéré des mots, posé sur des notes minimales, réarrangées mille fois au gré de prestations scéniques jamais anodines. Il n’aura pas fallu vingt ans pour que Dominique A s’impose comme chef de file d’une chanson française décomplexée. Et bien qu’il s’en dédie, l’artiste reste aujourd’hui pour beaucoup un exemple. Cri d’amour.
Un beau jour de 1991. Dans un appartement d’Angoulême, où l’on m’héberge pour mon premier stage de journalisme, j’écoute religieusement, comme presque chaque soir, l’émission Le soir c’est Lenoir sur France Inter (à l’époque où la radio comptait encore parmi elle des défricheurs en tous domaines).
Ce soir-là, je reçus deux chocs consécutifs… Le premier, percutant, percussif même, avec Smells like teen spirit de Nirvana, qui allait vite devenir l’hymne de toute une génération perdue (la génération X). Le second, plus intime mais non moins symbole de fraîcheur et de créativité, me mit tout autant sur les genoux : Le Courage des oiseaux, chanson elle aussi vouée à être promue hymne minimaliste.
« Si seulement nous avions le courage des oiseaux, qui chantent dans le vent glacé »
Explorateur des sons comme des sens, Dominique A est un géant… d’humanité, de générosité, d’humilité, d’inventivité, qui a su tisser au fil du temps une œuvre singulière, personnelle, à chaque coup touchante, bien qu’elle ne se laisse apprivoiser que pas à pas. Album après album, il, a ainsi apporté à la chanson française des lettres d’une rare et émouvante noblesse.
Sa principale arme : sa plume ! Pas une plume qui chatouille, encore moins qui gratouille, non (bien que Dominique A ait l’humour fin et toujours présent aux entournures) ! Mais une plume au style fort, une plume de tous les sensibles, qui en deux mots peut vous faire fondre, vous révéler une vérité intérieure, dessiner les traits d’un caractère, posséder la force de l’envie, dépeindre les faiblesses de l’ennui, brosser le portrait d’un amour brisé, crier la vie ou vous presser d’en profiter…

>>> Lire la suite : numéro 2 - page 49

jeudi 19 juillet 2012

Grunge is not dead<

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Texte : Le Furet

En 2011, nombreux étaient les irréductibles du monde entier à célébrer les vingt ans de Nevermind, album de Nirvana qui a bouleversé l’histoire du rock, devenant à lui seul le manifeste d’une nouvelle tendance baptisée grunge. Le grand retour du style, débuté largement l’an passé chez nos cousins anglo-saxons, débarque cet été sur les côtes françaises. Et des groupes grunge renaissent. Ou quand la génération Y rejoint les atours de la génération X…

Au grand dam des critiques musicaux, des dénicheurs de tendance et des surfeurs de vagues stylistiques, la culture pop d’aujourd’hui se résume de plus en plus en une compulsion à revisiter et re-digérer son propre passé. À l’heure où seule l’évolution des technologies représente une réelle avancée des modes de consommation, la culture stagne, piétine, fait des boucles continuelles sur elle-même, bref, au lieu de se réinventer, elle s’auto-sample !

En vingt ans, rien n’a changé

Et comme le soulignait le magazine américain Vanity Fair (publié dans Courrier International - édition du 22 au 28 mars), en mode comme en musique, en vingt ans, rien n’a changé ! «Dans l’univers des arts, du divertissement et du style, cette étrange stagnation des vingt et quelques dernières années sonne comme une fin de l’histoire culturelle. Nous vivons une époque où rien n’est obsolète et rien n’est vraiment nouveau : tout nous va. C’est comme si la culture tout entière était anesthésiée, comme si on écoutait un disque rayé depuis des décennies et que la musique retombe sans arrêt sur le même sillon.»

>>> Lire la suite : page 38

lundi 16 juillet 2012

La Feppia : pour l’amour du disque

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Texte : Le Furet / Photo : Anthony Rojo

Nom : Fédération des éditeurs et producteurs phonographiques indépendants d’Aquitaine. Surnom : Feppia Objectif : Développer le réseau de distribution et la diffusion des œuvres portées par les labels aquitains, améliorer la collaboration entre les acteurs culturels de la région, représenter les labels au niveau national. Rencontre avec Christel Chapin, coordinatrice de cette fédération locale à l’origine d’un regroupement national des labels indépendants. D’où est venue l’idée d’un regroupement des labels indépendants en Aquitaine ? Une première tentative de regroupement avait été menée il y a dix ans, notamment à l’initiative de Philippe Couderc (l’actuel président du réseau, également responsable du label Vicious Circle). Tentative finalement avortée car il n’existait pas de soutien à la musique enregistrée à l’époque. La Feppia a été créée en 2007 par une quinzaine de labels, avec le soutien financier de la Région*. L’objectif premier était de pouvoir porter la parole des labels, tant au niveau local que national, en étant pris au sérieux. Le milieu des musiques actuelles a trop longtemps été perçu par les institutions comme bordélique, fonctionnant à la «do it yourself». Aujourd’hui, l’image de la filière s’est améliorée grâce à un dialogue constant et au rajeunissement des représentants institutionnels, qui connaissent mieux notre milieu.

Quel est l’intérêt pour les labels d’y adhérer ? La création indépendante est un secteur en danger depuis plus de dix ans et la crise du disque a mis à mal beaucoup d’initiatives.

>>> Lire la suite : numéro 1-page 34