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Texte : Cyril Jouison / Dessin : Franquin

Nous sommes des coureurs de fond dans une société qui impose sa forme et son rythme. Procrastiner peut alors affirmer un certain mode de résistance. Peut-être vous rappelez-vous d’une très vieille chanson interprétée par Fernand Sardou, le père de… La référence musicale vous paraît hasardeuse ? Elle l’est ! « Aujourd’hui peut-être », cette chanson de 1946 évoque une certaine idée de la société. D’une région aussi. Une fois toutes ces idées reçues passées à la moulinette de la machine à clichés, il reste une idée : et si nous n’étions pas obligés d’entrer dans la course ? Et si nous faisions le pari de la lenteur ? Du « je verrai plus tard ». Du « non, encore un câlin ». C’est une idée. Une envie aussi. Un diagnostic pour d’autres. Proust procrastinait Procrastination ? Que signifie ce mot ? Le petit Robert est formel : « tendance à tout remettre au lendemain, à ajourner, à temporiser ». Le dictionnaire confirme même cet état en citant Proust (Marcel pas Gaspard) : « Mon indécision, ma procrastination, comme disait Saint-Loup ». Cette définition littéraire est limpide. Mais il en existe une seconde. Scientifique, cette fois. Moins glamour évidemment. Diagnostic : le patient souffre de procrastination. Pour la science, voire la psychiatrie, cette tentation de l’ajournement systématique révèle une anxiété profonde, doublée d’une mauvaise estime de soi. Quand des hommes longilignes appliquent certaines théories filiformes, le résultat tombe comme un couperet. Sans appel ni remise de peine. Mais, au fond, qui n’a jamais remis quelque chose à demain ? Cette petite faiblesse ne nous perdrait peut-être pas tant que cela…

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