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Vingt ans de carrière, vingt ans d’un amour immodéré des mots, posé sur des notes minimales, réarrangées mille fois au gré de prestations scéniques jamais anodines. Il n’aura pas fallu vingt ans pour que Dominique A s’impose comme chef de file d’une chanson française décomplexée. Et bien qu’il s’en dédie, l’artiste reste aujourd’hui pour beaucoup un exemple. Cri d’amour.
Un beau jour de 1991. Dans un appartement d’Angoulême, où l’on m’héberge pour mon premier stage de journalisme, j’écoute religieusement, comme presque chaque soir, l’émission Le soir c’est Lenoir sur France Inter (à l’époque où la radio comptait encore parmi elle des défricheurs en tous domaines).
Ce soir-là, je reçus deux chocs consécutifs… Le premier, percutant, percussif même, avec Smells like teen spirit de Nirvana, qui allait vite devenir l’hymne de toute une génération perdue (la génération X). Le second, plus intime mais non moins symbole de fraîcheur et de créativité, me mit tout autant sur les genoux : Le Courage des oiseaux, chanson elle aussi vouée à être promue hymne minimaliste.
« Si seulement nous avions le courage des oiseaux, qui chantent dans le vent glacé »
Explorateur des sons comme des sens, Dominique A est un géant… d’humanité, de générosité, d’humilité, d’inventivité, qui a su tisser au fil du temps une œuvre singulière, personnelle, à chaque coup touchante, bien qu’elle ne se laisse apprivoiser que pas à pas. Album après album, il, a ainsi apporté à la chanson française des lettres d’une rare et émouvante noblesse.
Sa principale arme : sa plume ! Pas une plume qui chatouille, encore moins qui gratouille, non (bien que Dominique A ait l’humour fin et toujours présent aux entournures) ! Mais une plume au style fort, une plume de tous les sensibles, qui en deux mots peut vous faire fondre, vous révéler une vérité intérieure, dessiner les traits d’un caractère, posséder la force de l’envie, dépeindre les faiblesses de l’ennui, brosser le portrait d’un amour brisé, crier la vie ou vous presser d’en profiter…

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