CMJN de base

Texte : Le Furet

Après une première soirée d’anniversaire réussie dans sa région d’origine (le bordelais) en mai dernier au Krakatoa, le bimestriel Longueur d’Ondes fêtera ses 30 ans à Paris le 14 décembre autour de rencontres et de concerts. Une journée entière de mobilisation histoire de se donner de l’élan pour la prochaine étape de ce magazine rock francophone gratuit et déjà culte.
Nul n’est prophète en son pays. Pour preuve, la folle histoire de Serge Beyer, un mordu, tordu, fondu de musique, inconditionnel de la chanson rock francophone. Il crée en 1982 sa propre revue dans sa résidence de la banlieue bordelaise, à Villenave d’Ornon : et l’intitule Sur la même longueur d’Ondes* (également nommée plus sobrement Longueur d’Ondes, voire LO pour les intimes : rien à voir avec le syndicat, quoique leur activisme soit aussi radical et intègre). Un magazine dont il a accouché « en même temps que sa femme », soit à la naissance de sa fille.
Sa motivation ? Ce qu’il « écoutait sur ses platines ne se retrouvait pas dans la presse : des gens comme Samson, Sheller, Thiéfaine, Alain Khan ou Dufresne (à l’époque une fille sexy, rebelle et rock) n’y avaient pas droit de cité. J’ai donc commencé à rencontrer les artistes après les concerts et je me suis lancé.» Trente ans que ça dure. Et la passion est intacte.
En trente ans, le magazine est passé de quelques exemplaires photocopiés à un tirage de 100 000 exemplaires, diffusés partout en France… mais aussi à l’étranger : en Belgique, en Suisse, au Québec - son pays de cœur - et plus récemment au Luxembourg. Il bénéficie pour cela du soutien de l’ensemble de la profession au niveau national (même si le travail est constant pour animer le réseau), mais jamais aucune aide ne lui a été octroyée en Aquitaine ! Une ignorance du milieu local qu’il a de longue date contournée et dépassée pour se concentrer sur ses envolées dans le monde francophone.

Les étapes
«Chacune des étapes du magazine m’émerveille, s’enthousiasme son créateur. Les quinze premières années, j’ai vu le magazine grandir pas à pas. Au démarrage, je distribuais quelques feuilles photocopiées gratuitement à la sortie des concerts… Et peu à peu, c’est devenu un magazine imprimé.» Au fur et à mesure de cette aventure humaine (l’essence même de sa motivation), au fil des rencontres, Longueur d’Ondes devient une équipe, une vraie rédaction se crée, le nombre d’exemplaires croît jusqu’à 5000 au gré des années, Longueur d’Ondes est même vendu en kiosque dans la région.

>>> Lire la suite : Numéro 2 - page 50