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Texte : Amaury Paul

L’humain, cet être étrange que nous incarnons, fascine autant qu’il irrite. L’homme a très vite cherché à s’étudier pour se comprendre, pour rationaliser un certain nombre de comportements et sans doute avant tout, pour se rassurer. En a même découlé une science, la psychologie. Il est certain que l’être humain est complexe et, s’il agit a priori rarement sans raison, son comportement peut parfois laisser penser le contraire. Il suffit à chacun de faire son examen de conscience pour se rendre compte de cette réalité.

L’être humain se construit à l’aide d’un long processus hybride. Dans nos sociétés actuelles, dites « développées », un cadre juridique fait tout d’abord office de ligne rouge à ne pas franchir, est censé être connu et accepté par tous et permet, théoriquement, de fédérer la vie en société nous mettant égaux devant la loi. Le moindre de nos gestes, de nos comportements, peuvent être évalués et jugés. Vient ensuite l’éducation, au sens large, c’est-à-dire celle inculquée par les parents, l’école, la religion ou encore l’expérience de vie. Ces codes et règles permettent théoriquement d’assurer à l’être un comportement sociétal approprié à l’intégration et au « vivre ensemble », et un comportement personnel éthiquement louable. En clair, une fois ces valeurs inculquées, nous sommes en mesure d’agir en fonction de ce qu’on sait « bien » et d’éviter de faire ce qui est « mal ».

Mais en réalité, si l’homme est un excellent donneur de leçon, on observe qu’il peine à appliquer à la lettre un comportement propre. Par nature, il est enclin à s’affranchir des règles. Quelque chose qui est défendu, qui est considéré comme « mauvais » recevra interrogations et désirs. Adam et Eve ne se sont-ils pas fait chasser du jardin d’Eden après avoir goûté au fruit défendu de l’arbre « de la connaissance du bien et du mal » ? Que l’on soit croyant ou non, on réalise que le questionnement des humains sur ces thématiques de « bien » et de « mal » n’est pas récent. L’homme contemporain a également un certain goût pour le plaisir. Et s’il est dépendant, pour survivre, de trois besoins fondamentaux, qui sont l’air, l’eau et l’alimentation, comment expliquer, qu’il ne le soit pas pour bien vivre en s’offrant des plaisirs ponctuels ou réguliers ?

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