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Texte et photo : Caroline Simon

À l’occasion d’un séjour sur sa célèbre grande voisine, la Guadeloupe, il serait regrettable de ne pas pousser un peu plus au large, vers le sud, jusqu’à cet archipel d’îlots volcaniques que constituent les îles des Saintes. FACES B vous propose une escapade de trois jours, alliant activités sportives et farniente sous les alizés.
La traversée de 30 minutes qui mène de Trois-Rivières à Terre-de-Haut offre une vue saisissante sur le volcan de la Soufrière, à l’arrière du bateau. À peine le temps de humer l’air iodé que l’on accoste à l’Anse du Bourg, « une des plus belles baies du monde », hautement prisée par les plaisanciers si l’on en juge par le nombre de voiliers et de yachts qui y mouillent. Tout le monde débarque à pied. Ici, point de voiture, piétons et cyclistes se partagent les routes avec quelques scooters. Certes les distances sont courtes, mais les pentes sont raides...
La plupart des touristes visitent l’île à la journée, mais c’est en y passant quelques nuits que l’on ressent véritablement la douceur de vivre, que l’on découvre une faune et une flore endémiques et que l’on se délecte de la gastronomie saintoise.

Jour 1 : La trace des crêtes et la plage de Pont-Pierre
De nombreux sentiers pédestres ont été (plus ou moins bien) balisés par le conservatoire du littoral à travers la forêt, de façon à observer les richesses naturelles, les ruines historiques et les panoramas exceptionnels qu'offrent les Saintes à ses visiteurs. La plus incontournable de ces balades, c’est la trace des crêtes.
Le départ s’effectue par la plage de Grand-Anse, même s’il faut commencer par enjamber une clôture :  le sentier passe sur certains terrains dont les propriétaires disent, à tort, se réserver le passage. Cette randonnée facile de quatre kilomètres surplombe une série de baies, offre des vues plongeantes sur la mer et ses dégradés de turquoise, ainsi que des panoramas sur les mornes* de l’île. On n’y croise pas foule, à part quelques troupeaux de chèvres. Evitez de vous émouvoir devant les mignons cabris, car ils finiront tôt ou tard dans un savoureux colombo...
La balade s’achève, après 2h30 de marche, sur la Route de Marigot, où il est fréquent de rencontrer (comme partout ailleurs sur l’île) d’imposants iguanes qui lézardent au soleil. Ces autochtones d’un autre temps pouvant mesurer jusqu’à 1,80 mètre, ne se nourrissent que de feuilles, de fruits et de fleurs.
L’après-midi, on se la coule douce sur la plage de Pompierre, anse nichée au bout d’une vaste cocoteraie. Au choix, sieste à l’ombre dans un hamac (un « must have » dans le sac de plage du voyageur averti...), ou baignade pour admirer les poissons. Mais gare où l’on met les pieds, les oursins règnent en maîtres !
Les efforts du matin ayant creusé l’estomac, on optera pour un dîner qui tient au corps à base de gratin de christophines et de boudins antillais.

Jour 2 : Kayak de mer et plage du pain de sucre
Direction la base nautique de l’Anse du Fond Curé en vue de louer un kayak et se mêler aux stagiaires du centre UCPA, pour une exploration des criques cachées de l’archipel. Pour rejoindre l’îlet à Cabrit, au sommet duquel on a une vue d’ensemble sur Terre-de-Haut et sa voisine Terre-de-Bas, il faut ramer dur face à la houle marine. On a beau se consoler en se disant que le retour se fera tout seul grâce au vent dans le dos, il ne faudrait pas, pour autant, confondre cette activité avec le pédalo : le kayak de mer reste un exercice physique relativement soutenu.

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