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Clément Rossignol Puech, Vice-président de la Communauté Urbaine de Bordeaux et élu à Bègles (EELV), a bien voulu répondre à nos questions concernant son engagement pour la planète. (Photo : CUB)

FACES B : Pourquoi avez-vous choisi de vous engager dans le militantisme écologiste ?
Clément Rossignol Puech : Une fois mon parcours professionnel balisé (je suis chercheur physicien au CNRS), j’ai adhéré aux Verts. En effet, je voulais réfléchir et agir sur des thématiques globales, transversales, liant les droits de l’homme, la solidarité et le vivre ensemble, l’avenir de la planète… Le choc du 21 avril 2002 fut aussi un événement déclenchant ! À l’époque, les écologistes s'efforçaient déjà d’avoir avant tout une pensée globale et une action locale. L'écologie politique insiste sur la prise en compte des enjeux écologiques dans l'action politique et dans l'organisation sociale et sociétale. D’ailleurs mon engagement écologiste a déteint sur mon activité professionnelle, puisque j’étudie également les relations complexes et riches entre les sciences et technologies émergentes et la société de demain qui se dessine sous nos yeux.

FB : Quels types d’actions menez-vous pour servir cette cause ?
CR : Difficile de choisir car tous mes engagements me tiennent à cœur bien sûr. Je vais choisir des engagements écologiques et transversaux (c’est d’ailleurs une tautologie, l’écologie est transversale). J’ai initié un plan vélo de la CUB à hauteur de 30 millions d’euros qui fixe comme objectif 15% de déplacements à bicyclette en 2020. Un plan pour bobo bordelais ? Sûrement pas ! Développer l’usage du vélo permet d’avoir un air plus pur, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi d’avoir une activité physique synonyme de bonne santé, sans oublier une économie financière jusqu’à 5000€ par an et l’essor d’emplois locaux non délocalisables. Enfin, le vélo permet de développer des liens quotidiens apaisés entre usagers de l'espace urbain en contribuant immanquablement à plus de convivialité, d'humanité, de rencontres et d'échanges.
Un autre exemple est la co-construction de l’Agenda 21 et du plan climat énergie de la ville de Bègles avec ses habitants. Cet exercice a permis de discuter avec de nombreux Béglais à propos du développement durable afin de dégager les priorités collectives pour améliorer notre quotidien et notre commune.

FB : Avez-vous le sentiment d’être utile ?
CR : C’est une vraie question… je ne vais pas faire ici le catalogue des réussites et échecs à mettre à mon crédit en cette fin de mandature. Mes amis, ma famille, mes proches sont honnêtes avec moi, je vois dans leurs yeux si je remplis le contrat.
Pour être honnête : oui, je pense être utile, sinon j’arrêterais tout de suite, l’exercice d’un mandat local est très éprouvant et requiert beaucoup de disponibilité, au détriment parfois de la vie de famille. Moi qui suis universitaire, je me suis découvert homme d’action, et j’aime cela. Pour être utile il faut se sentir à sa place, ni usurpée, ni galvaudée, en un mot être épanoui. J’aime écouter, comprendre et agir pour les autres. Un élu local doit se penser comme un catalyseur d’une expression partagée qui devient volonté commune.