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Texte : Romy Vas et Caroline Simon / Illustration : André Faber

Où vous situez-vous personnellement sur l’échelle de l’urgence ? Surfez-vous dans les rapides d’un planning de plus en plus fou ? Ou ramez-vous, pour maintenir votre barque à flot, entre tourbillons professionnels et remous privés ? Ou bien êtes-vous en train de vous noyer, submergé par les vagues de vos innombrables obligations ? Le culte de la rapidité nous a contaminés, c’est le moment de lever le pied. Vous en avez assez du rythme infernal qu’il faut suivre pour ne pas rester sur le bord de la route ? Le moment est venu d’adopter la «slow attitude» ! Si vous parcourez cet article en surveillant la cuisson du rôti, tout en pensant à la réunion de demain, sachez que vous n’êtes pas seul(e)… Nous vivons une époque où le multitâche est devenu la norme, où l’on court en permanence après le temps, à tel point que l’on ne songe même pas à ralentir. Notre société est régie par la dictature du court terme. Tout le monde veut tout, tout de suite - formule choisie à bon escient par Morgan Sportès pour le titre de son roman sur le tragique fait divers du « gang des barbares » - et s’en désintéresse souvent aussitôt. Formaté au zapping, on butine l’information de sites internet en chaînes d’actualités en continu, mais les moments sont rares où l’on approfondit vraiment les sujets. La course à la productivité, au profit, est un autre signe de notre rythme effréné. « Gagner le maximum d’argent dans un minimum de temps, par n’importe quel moyen, est devenu le but suprême », explique la psychosociologue Nicole Aubert dans son essai Le Culte de l’urgence. « C’est de là qu’est partie la spirale folle, qui a accru le sentiment d’urgence et l’a répandu dans toutes les strates de la société, jusque dans nos vies intimes. »

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