Tout sportif, débutant comme aguerri, se doit d’intégrer l’importance d’un bon timing. Conditionnant la progression ou déterminant la performance, le chrono est partout présent. Ami/ennemi, il accompagne toutes les disciplines et marque, tour à tour, la durée et la pérennité. Mais, comment le temps se fait sportif ?

Round 1 : rebondissements & performances

Nombre de sports sont rythmés par une temporalité clairement définie : des mi-temps, des tiers-temps, des reprises viennent ainsi délimiter les matchs, les combats ou les compétitions. Pourtant, aussitôt défini, le temps se fait fuyant et chaque minute écoulée semble nous rapprocher du dénouement final. Au besoin, celui-ci peut être prolongé ou devenir additionnel, en apportant au championnat une certaine dimension dramatique. Tout amateur de sport a ainsi des souvenirs de compétitions, dont l’issue se retrouve chamboulée par le dernier rebondissement. Injustes ou exaltants selon le cas/le camp, ces coups du sort n’en sont que plus tonitruants quand, faute de temps, ils ne peuvent être renversés. Le drame peut se jouer dans la minute, la seconde, voire même la fraction de seconde (précisément 0.4 secondes en NBA, les amateurs apprécieront …). À la fin du match, le temps se fait frontière : de celle qui sépare les gagnants des perdants, qui transforme l’or en argent, l’argent en bronze et le bronze en regrets éternels. Mais les sportifs envisagent aussi la dimension temporelle comme une limite à la performance : leur carrière s’envisage sur la durée et leurs pratiques évoluent selon leurs âges. Voilà que le temps peut ainsi faire la différence entre les « bons sportifs » et les plus grands noms.

Round 2 / sanctions & records

Le sport invite aussi le temps à se faire juge de paix, quand il s’agit de sanctionner une performance ou homologuer un record. Un chrono d’athlétisme peut ainsi rester inaccessible, pendant plusieurs années, pour qu’on en réévalue la portée, qu’on en conserve ou consolide le caractère unique. Le déclic, le dépassement et finalement l’effacement des tables ne diminuent pas la valeur du record initial, il consigne juste un événement exceptionnel. À l’inverse, certaines performances gravées dans le marbre conservent une amertume. Témoins d’une époque où les sports n’avaient pas la même dimension, les chronos portent parfois les marques du dopage, des injustices ou autres traces indélébile (tel le record de Marita Koch en 400m féminin établi en 1985, du temps de la RDA), de celles qui peuvent discréditer une discipline entière.

Jamais neutre, le temps est une donnée fondamentale en sport. Toujours présent, il fait basculer les destins, fait changer de dimension ou précipite dans l’oubli. Alors, chaque sportif garde un œil sur sa montre et lutte à sa manière contre ou avec le temps.

Tic tac, tic tac...

Texte de Mickaël Choisi